‹ Philosophie fondamentaleChapitre 93 sur 165 · Yoid Targument principal de Lamennais · texte numérisé non relu

Yoid Targument principal de Lamennais

Dans certaines ciiconsiances nous en appelons» pour nous assurer de la vérité des autres critérium» au consentement commun. La folie n'est autre chose que Topposition de la raison à ce consentement. On avertit un homme que sa vue le trompe, quMi voit mal un objet; d'instinct, il interroge, il s'euquiert autour de lui si Ton voit de la même manière ; que si les témoignages sont unanimes et sérieux» s'il ne peut parvenir » à Taide des moyens que la nature lui fournit, à corriger son erreur, il remplace» par le témoignage d'autrui le témoignage de sa Yue auquel il n'a plus eonfiance.

Que conclure de là? Rien en faveur du consentement commun. Il est certain que le critérium des sens, comme les autres critérium, peut nous tromper en des circonstances exceptionnelles; il est certain que, dans ces circonstances» le doute se faisant jour» on en appelle au témoignage d'autrui. Mais pourquoi? pour s'assurer que l'on n'est point sous rhiûuence de Tune de ces perturbations naturelles» qui sont le triste apanage de la faiblesse humaine. Les lois de la nature sont universelles. Celui qui doute s'enquiert si, par ac^

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cideiU^ il est en dehors des luis universelles de la nature. Ne serait-il point insensé d'élever une cxeq)tion uu rang de critérium général et unique ; d'affirmer que le témoignage des sens relève de Tautorité, par cela seul qu'en des cas extrêmes, et lorsque nous craignons une perturbation dans nos organes, nous demandons à autrui s'ils voient les choses comme nous les voyons ?

838. L'auteur de Y Essai sur Y Indifférence affirme t que les sciences exactes ne jouissent d'aucun privilège, et s'appuient sur le consentement commun ; que le qualificatif exactes est un de ces vains titres par lesquds l'homme cherche à dégaiser sa faiblesse; que la géométrie elle-même n'existe qu'en vertu d'une convention tacite, convention qui se pourrait exprimer en ces termes : JVous uoims obligeom à tenir tels principes pour certains^ et nùus déclarons rebelle mt sens commun^ c'e^i-à-dirc à T autorité du nombre , quiconque demandera qu'on les lui démontre.

Que répondre à de telles exagérations ? Les arguments que l'auteur ajoute, dans ses notes, pour prouver l'incertitude intrinsèque des mathématiques, ont la même valeur.

On a beaucoup écrit contre la certitude des sciences exactes ; je suis loin de méconnaître les difficultés qu'elles présentent lorsqu'on les soumet au creuset de la métaphysique. Dans le premier volume du Protestantisme comparé au CatAolicisme^ j'ai consacré un chapitre à ce que je nomme l'instinct de la foi, où j'espère avoir prouvé que les vérités scicn-

ils LIVRE I. — DE LA CERTITUDE.

tifi(|fios elles-mêmes relè?^t, en partie, de oef te faculté. Me piaçouô point ics sciences uaiureUes au* dessus des scieoces morales ; ertimons davantage eet dernières; niais sachons nous garder d'une exagératioB qui détruit toute sdence et toute vérité*

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