‹ Philosophie fondamentaleChapitre 95 sur 165 · S86 UVU I. — IM& LA CERTITUDE · texte numérisé non relu

S86 UVU I. — IM& LA CERTITUDE

rayon» se rapprochent d'aulaiU plus de l'égalité que rînatmmeiit ïïv» lequel on eoiistniit le (earcle mi jgàm

parfait. « Tout changement a une cause. » Les sens ne peuvent ^wifirmor U proposition dans ion uni* versalité, car, par nature, ib sont limités à un cer'* tain nombre d'eaLpériencea; toutefois, â Pon invoque leur ténMHgttige, ils ffûuvent Tordre de dépeadmee dans la succession des phénomènes.

Nos sens se viennent réa^ivoqiiement an aide ; ils exercent Tun sur l'autre un mutuel contrôle » kn^ quH ya deMta sur la corre sp o ild anes entre la senea*

tion et son objet. Nous croyons entendre le bruit du

Tent ; pour con^rmer le témoignage de l'ouïe, nous en appelons k la vue ; mins consultons le mouvenient ^ arbres. Uu o^si nous apparaît coufosément; noM nous approehons et nous foudons.

Nos facultés intôUectuelles et morales se prêtent parelll^ent comme une sorte de concours fraternel. Les idées rectifient les sentiments, les sentiments rectifient les idées* Parmi eeHes-d, <|iielqaeai«nei servent aux autres de pierre de touche et déterminent leur valeur. H en est de même des aentinaesits* La pitié qu^inspire le patient incline à indulgence ; rindignation que le sort de la victnne in^[ûro contre le crimind inijine h punbr. Ces deux monvrements de l'âme ont leur bon côté; mais Tun pourrait engendrer ^impunité, Pantre endurdr le eoeur et la rendre cruel. Le sentiment de la justice est appelé à servir de modérateur. Mais ne devona^nous paa eanànn 4re que cette justice ne porte des jugements trop abf

CHAPIT. XXXiV. — IRSiniB ET GONCLUSIOiV. 387

sokisî La justkû est uae ; les drconfttaac^ mnl mititîples et les peuples différents. La justice ne voit que te degrés de culpabilité; dite pnmojioe d'une mt^ nièrt absolue; conçue de la sorte, clk devient injuste; mais ici sur?iemient des idées d'un autre ordre, pkt ftMmfile l'aniCTdemeiit du eoupaUe combiné avec la réparation faite à la victime ; ajoutes-y les idéis dt eoÉrtraânte p«Uique, qui ne répugneirt point à la saine morale ; ces idées peuvent modifier et modifiait m «ffiet rapplictttOD.

Point de vérité complète ou de bien parlait ^nf fagnnoiiie; Fbmionie est one loi de notre natnre. Nous ne pouvons embrasser d'un regard la vérité inÉiaiOt dans laquelle toutes les vérités sont om seule vérité^ tons les Ineiis un seul Inen ; mais, coordonnés que nous sraunes avec un uKMide d'êtres ^aîg et par coBséquent nndtiptes, nom airnis besoin de diiré« rentes puissances, nous avons besoin de facultés nint* tiptes qui nous mettent en contMi aveo cette variété de vérités finies, de biens finis ; et comme ces fst^ culiés ont nn même firincipe, une même fin, éllèii sont soumises à rbarmonie qui est l'unité dans la mnKipKcîté«

941, Cette doctrine arrache la philosophie au scep-ttcisme; loia à^eaLdme Tezamen, die Tétmd et rend plus complet. Déclarons hautement son principal avantage ; elle retient la pensée dans lés région» ém bon sens, et ne fiâit point du philosophe un être h part. La {^losoidiie ne se peut vulgariser jusqu'à

deveoir une seleiiee populaire, et e'est un maGheuri

mais fHi'a-^-^H^ besoin de s'isoler dans l'absurde ? Empèclioiis kl de dégénérer en pbilosophismc. Exposition des faite, examen consciencieux, langage clair : je ne puis conecYoir autrement une bonne philoso* phîe. Qu'on le comprenne bien ! ces qualités n'excluent point la profondeur, à moins que ce mot ne siguiiie ténèbres. Les rayons du soleil éclairent les régions les plus reculées de l^espace; la lumière est partout.

342. Telle n'est point Topinion de certains philosophes de noire temps. En étudiant les fondements de la science, ils cvoient nécessaire'd'ébranler le monde. Pour moi, je n'ai pu me persuader que Ja mission de la philosophie tût d'entasser des ruines, et que pour examiner il fallût détruire. Je vais, par un apologue, rendre sensible rexlravagance de ces prétendus maîtres de la sagesse, au risque de scandaUser, par ma simplicité, leur sublime profondeur. Au reste, le lecteur doit avobr besoin de repos s'il m'a suivi à travers tant de traités obscurs que je serais heureux d'avoir rendus inteUigibles, impuissant que j'étais h les rendre attrayants!

Une famille noble, opulente et nombreuse, possède 4e magnifiqaes archives; là sont déposés les titres de sa noblesse, de ses alliances, de sa fortune. Parmi les documents, il en est quelques-uns que la forme des caractères, leur vétusté, les altérations, rendent d'une leciure difficile; on soupçonne que plusieurs de ces documents sont apoiaryphes ; mais lé plus grand nombre itsi authentique; il n'existe pas d'autre collection.

CHAPIT. XJUIV. CONCLUSION. 289

Survient un curieux, un anlîquaire; il promène sou regard sur les rayons encombrés, et dit : ceci est une confusion. Pour distinguer le vrai du faux, pour établir Tordre dans ce chaos, mettons le ieu aux archives, nous examinerons les cendres*

Que vous en semble? Ce curieux c'est le philosophe qui, pour séparer la vérité de Terreur dans les connaissances humaines, commence par nier toute vérité, toute certitude, toute raison^

Ou dira peut-être : il ne s'agit point d'une négation, mais d'un doute.

Douter de toute vérité, c'est détruire la vérité; douter de toute certitude, c'est nier la certitude; douter de toute raison, c'est anéantir la raison.

Les lois de la prudence et du bon sens sont les mêmes dans les petites que dans les grandes choses. Suivons noire apologue, et demandons-nous ce qu'il y aurait à faire dans l'hypothèse présente, selon le bon sens et la prudence.

Inventorier tous les titres sans exception, les classer provisoirement afin de faciliter l'examen, réservant pour la fm la classiiication définitive ; noter avec soin les dates, la forme des caractères dans les manuscrits, les rapports de ces caractères aux dates, et constater ainsi leurs degrés d'ancienneté. Voir si, dans tel casier, ne se trouvent point quelques textes primitifs se rapportant à d'autres textes plus anciens» qui constatent Torigine de la famille. ÉtabUr une méthode claire et sûre pour distinguer ce qui est ancien de ce qui ne Test pas ; se garder de ramener

290 LivttB u ^ w LK cammoE,

Uhis les dûcumeûU à un seul documeat, en exigeant une unité <|iie rien n'établit, csr il existe peut-être jdusieurs actes primitifs et fondamentaux parfaitement distincts et indépendants. Même après avoir SL p u é les titres afM>cryp|ieB des titres réels, Il serait à propos de ne rien jeter au feu; une pièce apocryphe peut mettre snr les traces d'une autre qui ne Test point, aider à rinterprétation des pièces authentiques» et dans tous les cas servir à l'histaire des archives.

L'esprit humain ne fait retour sur lui-même, il ne s'étudie liii-niéme qu'^rès de longs dévdoppements, npr^ une longue éducation. Le moment venu, il découvre en W un ensemble de sensations, d'idées, de jugements , d'affections de tontes sortes , dans un inextficaMe mélange Plus encore; il n'est pas seul da» le monde; û vit dans un rapport intime d'idées, de sensations, de jugements, avec des êtres sembla-* bles à lui; ses facultés réagissent 1 une sur l'autre; elles sttbisseirt l'influence d'une multitude d'êtres dissemblables, iniiniment varies, dont l'ensemble forme notre univers. Pour se rendre coo^^ de ce qui i'eiitoLire , pour étudier et lui-même et l'univers, l'esprit t"!^ '» Iera4-il de Tunivers et de lui-même un monceMi de cendres, sans espoir, comme le plié* nix, de S'élancer vivant du bûcher? hnage vraie de ceux foi, pour devenir philosophes, commeiicent par nier toutes choses ou psor douter de toutes diosas. Gboisira-t-il, au hasard, un fait, un principe, disant :

« Pliisqu'U me tant un point d'appni» ceci sera h

CHAMT» \XX1V. — CONCLUSION. 291

lierre mt laquelle je fonderai la sdence. » Ou bien, dédaignant l'analyse et iermaDt les yeux au jour, entendre cet abnurde UMphène : « Tout

esl uii , rien n'existe en dehors de l'unité al)SûIue; je me tiens à ce principe et ne veux pas en sortir, » Non, non! telle n'est point la destinée de rintelli* gence. Se connaître elle-même, et partant étudier, classer ses facultés, les apprécier selon leur valeur; loin de débuter par des ciïorls insensés et ridicules contre la nature, prêter aux conseils de la nature une oreille attentive; voilà les devoirs de Fintelligence, voilà son éternel honneur.

Point de philosophie sans philosophes; point de raison sans un être raisonnable ; donc, la préexistence du Tnoi est une nécessité* Point de raison possible si 1*011 admet cette contradiction : être et n'être pas en même temps ; donc toute raison suppose la vérité du principe de contradiction. Lorsqu'on étudie Ja raison, c est la raison qui étudie ; la raison a besoin de règles, de lumière ; donc, tout examen suppose cette lumière, c'esl-à-dire révidence, el la légilimité de son critérium. L'homme ne se iait point lui-même ; il se trouve fait; il ne fixe pas les conditions de son être; il les trouve imposées. Ces conditions sont la loi de sa nature : pourquoi lutter contre elles ? < Outre les préoccupations facLices, dit Schelling, il en est de primordiales qui tiennent non à l'éducation, mais à la nature ; principes de connaissances pour îom^ les hommes; écueiU pour les libres penseurs, » Pour moi, je ne prétends point m'élever au-dessus de iou^

Oigitized

2di UVRE K — D£ LA CfiRTITUDB«

les hommes ; je ne veux pas me mettre eu lutte avec la nature ; si je ne puis être philosophe sans cesser

(Vôtre liomme, j'abandonne la philosophie et je me

range du c6té de l'humanité.

FIN DU LIYEE PAËALUi;R.

Oigitized by

Page 1