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CHAPITRE XXII. — DE l'ÉVIDENCB COMME PRINCIPE. Î

218. a L'attribut qui répugne à un sujet ne convient pas à ce sujet. « Formule de Kant. La répugnance s'entend des idées ^ elle a heu lorsque l'attribut est intrinsèquement incompatible avec le sujet. Donc cette expression : « L'attribut qui répugne à un sujet, )) équivaut à celle-ci : « Lorsqu'on voit clairement l'attribut exclu du sujet; )> laquelle, à son tour, n'est autre que la suivante : « Lorsque l'exclusion, lorsque la répugnance entre le sujet et l'attribut est évidente. »

« Ne lui convient pas » est la même chose que : <( 11 est vrai qu'il ne lui convient pas. » Et comme ces formules ont deux valeurs, une valeur affirmative et une valeur négative, si l'on dit : L'attribut qui répugne à un sujet ne lui convient pas, on peut dire pareillement : L'attribut contenu dans l'idée du sujet lui convient^ d'où il suit que la formule de Kant est la môme que celle-ci : « Ce qui est évident est vrai. » 219. Elle devient, de la sorte, et plus simple et plus générale. Plus simple, par l'expression; plus générale, parce qu'elle est en même temps affirmative et négative, les mots « ce qui est évident w embrassant à la fois et la négation et l'affirmation ; car il peut être évident que le sujet contienne l'attribut, comme il peut l'être qu'il ne le contienne point. Sous tous les rapports, la formule : « Ce qui est évident est vrai, » me semble préférable. Exprimée non comme un principe, mais comme règle pratique, elle peut être convertie en celle-ci : « L'évidence est un critérium certain de vérité. »

220. Notre analyse n'a pas seulement pour objet, on le comprend , la transformation indiquée -, bien qu'il importe beaucoup , en ces matières , que la clarté, que la précision soient portées au plus baut de-ré je me serais abstenu d'entrer dans ces considérations, à propos d^une innovation pratiquement sans importance-, car, au fond, toutes ces formules ont le même sens-, qui n'entend point les premières ne saurait comprendre la dernière. Mais j'ai voulu prouver en quelle confusion d'idées tombent ceux qui, dans leurs recbercbes sur la légitimité du critérium de l'évidence, mettent en question son titre de principe fondamental , et se demandent si Von doit le préférer aux deux autres principes.

221. « Le principe de l'évidence n'est pas évident. » Paradoxe singulier en apparence -, cependant, je l'ose affirmer, ce n'est point un paradoxe. Que l'on me permette de le prouver.

Le principe d'évidence, sous sa forme la plus simple se peut exprimer ainsi : « Ce qui est évident est vrai. » Or cette proposition nest pas évidente. La condition première d'une proposition évidente, c'est que r attribut soit vu dans l'idée du sujet-, cette condition n'existe pas ici. Évident est synonyme de vu avec clarté, de présent à la pensée d'une manière lumineuse-, vrai est la même cbose que, conformité de l'idée avec l'objet. Je le demande -, dans cette idée, « vu avec clarté, « l'analyse parviendra-t-elle jamais à découvrir celle-ci : k Conforme à l'objet? » Non. Il faut pour cela francbir un abîme, aller du subjectif à

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