‹ Philosophie fondamentale [microform]Chapitre 114 sur 607 · SECONDE PROPOSITION · texte numérisé non relu

SECONDE PROPOSITION

236. S'il existe dans le moi des phénomènes d'un autre ordre, c'est-à-dire si l'âme subit des modifications non représentatives, le témoignage de la

conscience ne s'étend point à ces phénomènes. Ce n est pas sans motifs que j'établis cette proposition-, il est possible, ou pourrait dire il est certain, qu'il existe dans notre âme des facultés actives dont elle n'a point conscience; comment expliquer autrement les mystères de la vie organique? L'âme unie au corps est le principe de sa vie-, leur séparation détermine la mort, c'est-à-dire une décomposition complète des organes-, or l'âme n'a conscience de son action vivifiante ni quant au mode, ni quant à l'existence.

Il y a là, dira-t-on peut-être, un ordre de perceptions confuses, comme celles dont parle Leibnitz dans sa Monadologie -, ou bien encore ; ces perceptions sont tellement insaisissables, qu'elles ne laissent point de traces dans la mémoire et ne peuvent être objet de réflexion. Conjectures sans fondement. 11 m'est difficile de croire que le fœtus, dans le sein de sa mère, ait conscience de l'activité vitale qui préside à sa formation. Les adultes eux-mêmes ont-ils conscience de l'activité qui produit la circulation du sang, la nutrition et tous les phénomènes de la vie ?

Si ces phénomènes sont produits par l'âme, ce qui est certain, elle est donc le siège d'une activité dont elle n'a point conscience.

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