Ou ces deux parties A et B seraient simples ou
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elles ne le Seraient point. Simples, que devient le matériahsme : dire que la sensation relève de l'organisme et cependant la placer dans un être simple , n'est-ce pas une contradiction ? Le simple exclut toute idée d'organisation^ point d'organisation sans parties organisées. Si l'on admet l'existehce de l'être simple, si l'on place en lui la sensation, l'organisme, sera, je le veux, un moyen, une condition indispensable à la réalisation du phénomène , mais il n'en sera pas le sujet. Ce sujet , c'est l'être simple.
Que si ces parties ne sont pas simples, elles seront composées d'autres parties ; et dans ce cas , mêmes observations que pour les premières ; il faut en venir à des êtres simples ou procéder jusqu'à l'infini. Admettez-vous cette progression? l'être sensible ne sera plus un seul être, mais un nombre infini d'êtres 5 les difficultés que nous présentaient les deux parties A et B se multipheront infiniment , chaque être sensible comprenant non pas un seul être , mais une infinité d'êtres , chaque sensation une infinité de sensations.
15. Ici se préséfitè une difficulté très-grave. La matière est incapable de sentir 5 l'âme des animaux n'est point matière ^ donc elle est esprit, ce que l'on ne peut admettre.
Précisons le sens des mots, la difficulté disparaît. Immatériel n'est pas la même chose qu'esprit; tout esprit est immatériel, mais tout être immatériel n'est pas esprit. Immatériel exprime négation de matière; esprit signifie quelque chose de plus; nous entendons
par esprit un être Simple, doué d'intelligence et de libre arbitre. L'âme des animaux peut donc n'être point matière, sans être spirituelle.
Ce qui n'est point corps est esprit, dit-on; point de milieu entre ces deux classes d'êtres. Pourquoi ? Sur quelles raisons s'appuie cette affirmation absolue? Que l'on dise, point de milieu entre le matériel et l'immatériel, je le comprends, parce qu'en effet l'affirmation et la négation n'admettent pas de terme moyen. Toute chose est ou n'est point; mais l'idée esprit contient plus qu'une négation de la matière, à savoir l'idée d'un principe actif, intelligent et libre. 16. On nous demandera peut-être quelle est la nature de l'âme des bêtes; eh! demanderai-je, à mon tour, la nature de la plupart des choses qui tombent sous notre observation, quelle est-elle? Connaissonsnous les êtres immatériels en eux-mêmes? Notre âme immortelle, la voyons-nous intuitivement? Elle nous est révélée par ses actes, dont nous avons conscience. C'est delà même manière, c'est par ses actes c'est-à-dire par sa faculté de sentir que l'âme sensitive nous est connue. Nous savons qu'elle n'est point matière, parce que la matière est incapable de sensation. Les raisons en vertu desquelles nous pouvons affirmer de notre âme qu'elle est un être simple, un principe actif, doué d'intelligence et de liberté, nous autorisent à conclure que l'âme des animaux est un être simple doué de la faculté de sentir, doué d'instincts et d'appétits dans l'ordre sensible. La nature de ce principe actif m'est inconnue ;
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mais ses actes me le montrent comme une force supérieure à la matière, comme une de ces mille activités qui vivifient le monde. Cette activité vivifiante se découvre à moi dans une portion de matière admirablement organisée; organisation qui n'a d'autre Im que l'exercice harmonique des facultés de l'être vivant que nous nommons animal. L'ignorance où je suis sur la nature de cette force ne saurait m'empêcher d'affirmer son existence, puisque les phénomènes me la révèlent d'une manière incontes-
17. Quelle sera cependant la destinée de ces âmes ou de ces forces, quand l'organisme qu'elles vivifient sera détruit? Ne pouvant se décomposer puisqu elles n'ont point de parties, rentreront-elles dans le néant? La vie leur sera-t-elle conservée en attendant qu'elles président à une organisation nou-
Question multiple : nous allons examiner séparément chacune des parties qu'elle renferme
Si l'âme des animaux n'est point composée, elle ne peut périr par désorganisation ; désorganisîition suppose organisme. Ainsi l'âme des animaux ne se peut corrompre, puisque l'incorruptibilité est le propre de tous les êtres qui ne sont point composé! de matière. On ne saurait élever sur ce poi Ha
moindre difficulté; mais la question n'est résolue que dans sa partie négative; nous savons seulemen Jue
1 ame des bêtes ne se corrompt ni ne meurt par Jé-
composition ; reste à savoir ce qu'elle devient. Pro-
3Ô6 LIVRE II. — bfeS SENSATIONS.
longe-t-elle indéfiniment son existence ? et de quelle manière ?
Sur toutes ces choses la raison ne nous fournit que des conjectures^ nous supposons ce qui peut être; nous ne pouvons affirmer ce qui est. La philosophie nous fait entrevoir le possible, elle ne nous montre point la réaUté. Seule, l'expérience pourrait résoudre le problème; elle nous fait défaut. Demandez-vous une affirmation ; le vrai philosophe devra répondre : Je ne sais. Vous contenterez-vous d'un peut-être; ces questions rentrent dans le domaine du raisonnement et de l'analogie.
18. Rien ne s'anéantit, dit-on communément. Être anéanti signifie cesser d'exister sans qu'il reste rien de l'être. Un corps qui se désorganise cesse d'être comme corps organisé ; mais la matière survit. Il n'y a donc pas anéantissement. Rien ne s'anéantit; on l'affirme, peut-on l'affirmer? Selon quelques philosophes, il faudrait distinguer entre les substances et les accidents; ces derniers étant une espèce d'êtres incomplets peuvent s'évanouir sans laisser de traces, mais ce n'est point, à proprement parler, un anéantissement. Nous voyons que certaines choses se transforment d'une manière continue, c'est-à-dire qu'elles sont soumises à une succession d'accidents qui cessent d'exister lorsque le cercle des modifications respectives se trouve accompli. Quant aux substances, il y aurait anéantissement si elles cessaient d'être; mais nulle substance ne cesse d'être. J'ignore ce qu'il y a de vi^ai dahs ce système, car je iie vois
CHAP. It. ^LA MATtêRE EST INSENSIBLE . %J
pôînt sur qtiel fondement solide il s^appuie. Si Ton admet une substance destinée à quelque objet particulier, Tobjet Cessant, pourquoi lui survivrait-elle ? L'être créé a toujours besoin de l'action conservatrice de l'être créateur; c'est pourquoi l'on dit que la conservation est Une création continue. Lorsque l'objet pour lequel une substance a été créée vient à cesser, pourquoi cette substance ne serait-elle pas anéantie ^ Je n'y vois rien qui répugne, soit à la sagesse, soit à la bonté de Dieu. L'ouvrier détruit ou laisser là l'instrument qui ne peut plus lui servir; Dieu suspend l'action conservatrice, la créature retombe dans le néant. S'il n'est point contraire à la sagesse et à la bonté de Dieu qu'un être organisé se décompose ou cesse d'exister comme organisme, pourquoi lui répugnerait-il qu'une substance, après avoir rempli sa destinée, cessât d'être? Donc, on peut admettre, en bonne philosophie, que l'âme des animaux meurt avec le corps ou plutôt s^anéantit.
i9. Mais supposons qu'il n'en soit point ainsi ; rien lie nous empêche d'admettre leur persistance
Quelle serait leur destinée? je l'ignore. Absorbées de nouveau dans l'immense océan de la vie le Créateur leur assignerait leur emploi. Quelle multitude innombrable d'êtres dont nous ignorons la destination, sans pour eela nier leur existence ou leur utiUté ^ Pourquoi la force qui vivifiait l'animal ne surv ivrait-' elle point à l'organisme, pour servir à d'autres usages^ Lorsqu'une plante se détruit, les principes de vie qui fermentaient eu elle sont-ils donc entièrement é teinte p
Et ces principes, bien qu'ils n'exercent plus leur action sur l'être organisé qui se décompose, cessent-ils d'être utiles dans le mystérieux laboratoire de la nature? Les forces vitales ne sauraient donc s'utiliser qu'en des objets soumis à notre observation ? Qui nous l'a dit? Avons-nous pénétré les secrets de la création, savons-nous le dernier mot des lois établies par la sagesse infinie?
La profusion magnifique avec laquelle les matières séminales sont répandues dans la nature, le nombre infini de germes de vie que la science découvre de toutes parts, fimmense quantité de matières que l'être vivant s'assimile et transforme, les mystères de la génération dans l'ordre animal et végétal, tout ne nous révèle-t-il point que dans ce merveilleux univers il existe une multitude innombrable de forces dont l'activité s'exerce sous toutes les formes et dans les plus étonnantes proportions?
Un même principe vital ne peut-il présenter des
phénomènes distincts selon les conditions auxquelles
il se trouve soumis? La vie du gland n'est-elle pas
celle qui, dans le chêne, a bravé durant des siècles
la fureur des orages? Si l'expérience ne l'attestait,
qui pourrait croire que le même principe qui vivifie
le ver informe et repoussant anime le papillon aux
ailes d'or? Concluons qu'il n'est contraire ni à la
raison ni à l'expérience de supposer que l'âme des
animaux, que ce principe de vie, quel qu'il soit, qui
réside dans l'organisme, survit à la destruction du
corps. Absorbé de nouveau dans le trésor de la na-