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CHAP. VIII. — SENSATION DE L'ÉTENDUE

Je vais m' efforcer de rendre ce raisonnement plus clair et plus facile à saisir.

Ma vue s' arrêtant sur un tableau reçoit une impression qui lui vient de plusieurs points différents ; impression, remarquons-le bien, non interrompue et résultant de la surface tout entière que le regard embrasse. Or, si la vue d'un seul point externe, et je crois l'avoir démontré , suffit pour établir l'existence de ce point , il en doit être ainsi de la vue de plusieurs points -, la continuité de l'impression confirme la continuité des points qui la produisent.

Si je touche un objet placé sous mes yeux, le tact rend témoignage au sens de la vue, c'est-à-dire, il atteste la multiplicité et la continuité. J'éprouve la même succession continue de sensations, ce qui me révèle l'existence et la continuité des objets qui les causent.

48. En résumé , l'étendue suppose coexistence et multiplicité dans les objets , mais de telle sorte que ces objets se continuent les uns les autres; ces deux faits sont attestés par les sensations : donc, il nous suffit du témoignage des sens pour être certains qu'il existe des objets étendus et que ces objets peuvent exciter en nous différentes sortes d'impressions. Tout ce que l'idée de corps implique est compris dans ces idées-, donc le témoignage des sens étabht d'une manière certaine l'existence des corps.

IIVRE If. — DES SENSATIONS.

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