CHAPITRE II. - ÉTAT DE LA QUESTION
ne le sait; il la possédait avant de réfléchir; il s'étonne qu'elle puisse être un objet de discussion. Inutile de I interroger sur le mode de cette acquisition précieuse. Elle est pour lui comme un fait à peine distinct de son être. L'esprit s'est développé, mais les lois de ce développement restent cachées comme celles qui ont présidé à la génération et à l'accrois sèment des corps.
Ainsi donc, il ne s'agit point, pour la philosophie, de disputer sur le fait de la certitude, mais de l'exl phquer. Débuter par le doute universel, c'est s'interdire toute science ; impossible de faire un pas si nous ne sommes certains de quelque chose. Un scepticisme complet serait la foUe, la folie à la plus haute puissance. Plus de communication de l'homme avec 1 homme; impossibilité absolue de toute suite coordonnée d'opérations extérieures, de pensées, d'actes de la voknte.
Constatons le fait de la certitude, et n'allons point placer la démence au seuil même du temple de la
sagesse.
7. Tout raisonnement a besoin d'un point d'appui Ce point d'appui ne peut être qu'un fait. Interne ou externe, idée ou objet, le fait existe ; il faut d'abord supposer quelque chose, et ce quelque chos(! est un lait.
Que diriez-vous de l'anatomiste qui, pour étudier les merveilles du corps humain, brûlerait le cadavre et jetterait ses cendres au vent ?