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CHAP. X. — DE LA VALEUR DU TOUCHER

du tact est détruite ^ or nous ne prétendions point autre chose.

57. La main étant plus ou moins froide, plus ou moins rude que le front, les sensations que le front et la main produisent l'un sur l'autre ne sauraient être la même sensation -, observons que la perception de leur dualité sera d'autant moins vive que nous supposerons plus légère la différence de leur contsict ; partant, la coïncidence sur laquelle le jugement doit reposer sera plus difficile à saisir. Ainsi l'analyse rigoureuse de notre sujet nous mène à cette conclusion: que la diversité des sensations contribue d'une manière spéciale à constater l'existence des obj(;ts, de sorte que nous allons plus directement à ce but au moyen d'une combinaison formée entre deux sens, qu'à l'aide de deux sensations d'un même organe. Loin donc que le sens du toucher soit supérieur aux autres sens, loin qu'il soit le seul à consulter sur l'existence des corps, nous lui donnons le rang d'auxiliaire , voilà tout.

58. En vérité , je ne saurais concevoir sur cette question le plus léger doute ^ oui, le tact a besoin du secours des autres sens^ ce n'est qu'après des expériences multipliées que nous rapportons la se^nsation du toucher à l'objet qui la cause, ou même à la partie affectée de l'organisme. Après l'amputation d'un membre, le blessé souffre encore de ce membre qu'il n'a plus^ et pourquoi? Parce qu'il a contra(îté l'habitude de rapporter l'impression cérébrale au point où se terminent les nerfs chargés de transmettre

l'impression. Donc il n'existe point de rapport nécessaire entre le tact et l'objet, et ce sens, comme tous les autres, est sujet à erreur. Donc il n'est pas exact d'avancer que l'idée des corps naisse sous notre main, si du moins on veut l'entendre du toucher d'une manière exclusive ^ car la même chose a lieu pour tout autre organe , surtout pour celui de la vue.

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