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CHAP. XIV. — IDÉE DU SOLIDE PAR LA VUE

s'explique par les lois qui régissent l'organe visucîl en mêm^ temps que la transmission au cerveau deis impressions de cet organe. L'âme rapporte à l'extrémité du rayon visuel la sensation qu'elle éprouve ^ (;t comme, dans la supposition présente, elle n'a pu faire aucune espèce de comparaison , il n'existe pour elle nul motif déterminant de placer ces extrémitiîs à des distances inégales, ce qui constitue la troisième dimension.

Supposons un cube offrant trois de ses faces. Il est certain que les trois plans, bien qu'égaux entre eux, ne se présenteront point à nous de la même manière, leur position respective ne leur permettant pas d'envoyer à l'œil des rayons également lumineux. Que si l'àme n'a jamais eu l'occasion de comparer à d'autnîs sensations la sensation nouvelle , comment pourraitelle apprécier une disparité qui résulte du plus ou moins de distance et de la position ? Elle rapportera tous les points à un même plan, et, malgré l'égalité des faces, n'hésitera pas à les croire inégales.

En ce cas, la vue présentera l'objet tout entier dans un plan de perspective^ déplus, comme l'âme n'aura pu ni connaître la distance de l'œil à l'objet, ni l'apprécier, l'objet, selon toute vraisemblance, lui apparaîtra comme faisant partie de l'œil même ^ disons mieux, nous éprouverons la sensation d'un phénomène dont le rapport et la cause nous resteront inconnus.

81. Si, malgré l'immobilité de l'œil, il nous ét€iit possible d'ouvrir et de fermer la paupière, nous arii-

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venons évidemment à comprendre que l'objet saisi par le regard est placé hors de nous. Ce mouvement unique, produisant tour à tour la sensation de la présence ou de l'absence de l'objet par l'interposition d'un corps, nous fournirait un terme de comparaison, d'où, forcément, nous verrions sortir l'idée de distance -, or, comme cette distance serait perpendiculaire au plan de l'objet , nous aurions l'idée de la profondeur ou de l'épaisseur, et, partant, d'un solide. Par bonbeur , la nature, plus généreuse envers nous, ne nous a pas enfermés dans une supposition qui restreint avec tant d'avarice nos moyens de connaissance. Toutefois, il ne nous aura pas été complètement inutile d'envisager le pbénomène sous ce point de vue. Cet examen , je l'ose espérer, jettera quelque lumière sur les démonstrations suivantes.

82. Pour donner l'idée de solide, là vue a besoin du mouvement-, elle ne saurait s'en passer ; mouvement dans les objets ou dans le regard, il n'importe.

Nous allons supposer l'œil immobile-, voyons comment , par le mouvement des objets , la sensation seule de la vue nous peut donner l'idée d'un solide. Il s'agit d'ajouter aux deux dimensions qui constituent le plan la troisième qui constitue le solide. Toute

la difficulté est là.

Soit un œil immobile , regardant au point A un parallélipipède droit et rectangulaire B, dont les deux bases sont entièrement cacbées, de sorte que la droite, qui va du centre de l'œil à V arête ou ligne de division,

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