Je crois avoir démontré que la prétendue su
périorité du tact ne repose sur rien, et que l'opinion qui désigne ce sens comme la base de nos connaissances relativement aux objets extérieurs, comme la pierre de touche de la certitude des sensations transmises par les autres organes, est une erreur. Sans lui nous pouvons acquérir la certitude de l'existence des corps -, nous acquérons sans lui l'idée de la surface et du volume \ sans lui nous connaissons le mouvement^ sans lui nous parvenons à distinguer si le mouvement appartient à l'objet ou à l'organe qui reçoit l'impression. La théorie des sensations précédemment exposée, les conséquences qu'il est possible de tirer des rapports de dépendance ou d'indépendance que les phénomènes sensibles ont entre e;ux et avec notre volonté, enfin, tout ce que nous venons d'établir se peut appUquer à la vue aussi bien qu'au toucher.
91 . Voici comme une sorte de résumé de la doctrine que nous venons d'exposer :
1° Nous distinguons le sommeil de la veille, même en faisant abstraction de l'objectivité des sensations j
2° Nous distinguons deux ordres de phénomènes de sensation interne et externe, abstraction faite pareillement de l'objectivité 5
3° Les sens nous donnent la certitude de l'existence des corps ^
4" Les sensations n'ont point extérieurement de type qui les représente , à l'exception de \ étendue et du mouvement \
S** Le tact n'a point le privilège d'être la pierre de touche de la certitude \
6*^ Les sens nous apprennent qu'il existe des êtres externes, c'est-à-dire des êtres placés hors de nous-, que ces êtres sont étendus, soumis à des lois nécessaires, et que ces êtres produisent sur nous des effets nommés sensations. Ils ne nous peuvent apprendre autre chose.