CHAPITRE XXX
IDEES INNEES.
192. Les différences sont profondes entre les adversaires des idées innées. Le matérialiste se lève et dit : L'homme doit tout aux sens : les richesses de son intelligence sont le produit de l'organisme qui va se perfectionnant comme ces machines que l'usage assouplit et régularise. Rien ne préexiste dans l'esprit que la faculté de sentir; que dis-je.? l'esprit n'est rien-, ce que l'on appelle développement intellectuel appartient à la matière.
Les sensualistes ne vont pas si loin ; s'ils nient les idées innées, ils n'accordent pas à la matière la faculté de penser. Ils reconnaissent l'existence de l'esprit; mais cet esprit n'a que des facultés sensitives, il doit tout aux sensations ; nos connaissances ne peuvent être que des sensations transformées.
Il est des adversaires des idées innées qui ne sont ni matérialistes, ni sensualistes; les scolastiques, par exemple, qui, d'une part, défendent ce principe : ce II n'est rien dans l'intelligence qui n'ait été dans les sens; » et, d'autre part, combattent le matérialisme et le sensualisme. Les scolastiques auraient été peut-être bien près de s'entendre avec les partisans des idées innées, si l'on eût bien posé la question. 193. Les scolastiques considéraient les idées comme
CHAP. XXX. - IDÉES INNÉES. o^o
des formes accidentelles, comnarant l'.n^ i
te regards. . Cerie m,„ti,„ trop .b» „„*"' ne ouverlemenl l'expérience ■ en eff.r I ! '
véritable fatigue; le travail intellectuel «t .. une sorte d'enfantement d'idées """'
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de là at H ' '""'"'■"'' ^'^"'•^^- " Mais suit-il de là que, dans leur opinion, rien ne préexistât à
xperienee? Prétendaient-ils que l'homL to 1 1 ^er fut 1 œuvre de l'instruction et de l'éducation P No re monde intérieur n'était-il à leurs yeufa ' 1 suite d impressions ? subordonnaient-iJà la' n " l»on ordre intellectuel tout entier? Non, sans IT2car Jls admettaient : 1» une activité inter'ne , 'a dS de 1 expérience sensible dont elle recevait' l'impu . sion ; 2 Ils reconnaissaient la nécessité des premL principes mtelleetuels et moraux; 3» ils admettaTn une lumière intérieure, laqueUe nous fait 1 on naitre ces principes lorsqu'ils s'offrent à nous et nous pousse d'une manière invincible à leur donne no e assentiment. S^■,natum esl super nos lumen
IT '"' ^''"'''^- ^^"« P^™1« du prophète édate a chaque page de leurs œuvres.