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Dausle système que nous venons d'exposer

voici le relevé des phénomènes de notre intellieence • représentations sensibles, action intellectuelle sur ces représentations, ou idées géométriques; idées intellectuelles pures, intuitives et non intuitives; idées générales déterminées et indéterminées. Exemple d'une représentation sensible : limage d'un triangle particulier. Exemple d'une idée relative à l'ordre sensible ou géométrique : l'acte intellectuel en vertu duquel ie perçois la nature du triangle en général. Exemple d une Idée pure et intuitive : la connaissance d'un acte de mon entendement ou de ma volonté. Exemple d une Idée générale déterminée : l'intelligence, la volonté conçue en général. Exemple d'une idée générale indéterminée : la substance. (Voy. ch. xii et Ji.)

d,l r ^r ""' '""' "'' P'^ ^^ commencement dans intelligence; l'esprit le possède, non par un travail qui lui soit propre, non en vertu d'impre^ s.ons venues du dehors, mais par un don immédiat du Créateur. Ce qui est inné est le contraire de ce qu. est acquis. Demander s'il existe des idées innées, c est demander si, avant de recevoir des impressions

nnS, r^'' "" '''' quelconque, notre esprit possède des idées. *^

199. Les représentations sensibles ne peuvent être innées. L expérience atteste que les représentations

sontlieesacertainesimpressionsorganiques.etqu'une lois les organes en mouvement, nous ne pouvons point ne pas éprouver ces impressions. Ce fait appartient à toutes les sensations, tant actuelles que de souvem>. Impossible d'établir, soit à ;,„■../, soit par l'expé-

rience, que la représentation sensible préexiste aux impressions organiques.

200. Mais comment le corps peut-il transmettre des impressions à Vesprit ? Observons d'abord que cette difficulté est étrangère à la question des idées innées-, fût-elle insoluble, nous pouvons en appeler aux causes occasionnelles, système qui laisse de côté la communication pbysique du corps avec Vesprit. Or, dans cette bypotbèse, les idées ne préexistent pas -, elles se produisent en présence ou à l'occasion des affections organiques.

201. Les idées relatives aux représentations sensibles ne sont point des formes de l'entendement, mais des actes de l'entendement, s' exerçant sur ces représentations. (Voy. cbap. xx.) Dire que ces idées sont innées, c'est aller contre l'expérience et méconnaître leur nature. Tout acte implique un objet ^ or l'objet de ces actes est la représentation sensible, laquelle relève des impressions organiques. Donc, ou le mot inné appliqué à ces idées est un mot vide de sens, ou il ne peut signifier autre cliose que la préexistence de l'activité intellectuelle, se développant en présence des intuitions sensibles.

202. Ne peuvent également être innées les idées intuitives endebors de l'ordre sensible, par exemple, celles qui naissent de nos réflexions sur les actes de volonté et d'intelligence. L'idée, ou ce qui en tient lieu, n'est ici que l'acte même qui nous apparaît dans la conscience. Prétendre que ce sont des idées innées, c'est dire que ces actes existaient avant d'exister.

L'argument conserve sa force alors même que la perception s'appliquerait à des actes passés. Cornment se souviendrait-on de ces actes s'ils n'avaient préexiste ? Ils nous appartiennent ^ donc ils n'ont pas ete avant que nous les ayons produits.

203 II suit de là que nulle idée intuitive n'est innée, 1 mtmtion supposant un objet offert à la faculté qui perçoit.

204. On appelle idées générales déterminées celles qui ont rapport à une intuition ; donc elles ne peuvent préexister à l'intuition ; mais l'intuitior. implique un acte intellectuel, donc ces idées ne peuvent être innées.

206. Restent en dernier lieu les idées générales indéterminées, en vertu desquelles notre esprit perçoit les objets sous un seul aspect, mais d'un point de vue gênerai. C'est un des caractères de l'intelligence de percevoir cette sorte de généralité; mais qu est-Il besoin de considérer ces idées comme des formes préexistant dans notre esprit , comme des formes distinctes des actes mêmes par lesquels l'esprit exerce sa faculté de percevoir ? Sur quoi pournons-nous établir que ces idées sont innées, qu'elles sontanterieuresàtouteactivitéPJe^^

m. Au heu de nous lancer en des suppositions de ce genre ne serait-il pas plus sage, plus conforme a a vente, de reconnaître dans l'àme humaine une activité mnee, activité soumise à des lois qu'elle tient du Créateur ? Admettez que les idées soient distinctes de la perception , qu'est-il besoin de les supposer pré-

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existantes ? Il est vrai que, dans ce cas, il faudrait reconnaître à l'esprit la faculté de produire les espèces représentatives 5 mais on n'échappe point à cette nécessité en identifiant les perceptions avec les idées. Les perceptions germent, pour ainsi dire, du fond de notre àme, comme les fleurs sur la plante -, elles apparaissent et disparaissent comme elles-, ainsi, quoi qu'il en soit, il nous faut admettre une force intérieure qui, certaines conditions posées, produit ce qui n'existait pas. Hors de là, impossible de nous faire une idée de ce qu'est l'activité.

207. On peut résumer comme suit la doctrine que nous venons d'émettre sur les idées innées ;

l"" Il existe en nous des difficultés sensitives qui se développent en vertu ou à l'occasion des impressions organiques.

2** Toutes nos sensations sont assujetties aux lois de l'organisme.

3' Les représentations sensibles internes doivent leurs éléments aux sensations,

4° Dire que les représentations sensibles préexistent aux impressions organiques, c'est aller contre l'expérience.

5° Les idées géométriques, c'est-à-dire celles qui ont rapport à des intuitions sensibles, ne sont pas innées^ actes de l'entendement, qui agit sur les matériaux off'erts par les sens.

6° Les idées intuitives de Tordre intellectuel pur ne sont pas innées -, actes d'entendement ou de volonté offerts à notre perception dans la conscience réflexe.

T Les idées générales déterminées ne sont pas innées 5 représentations d'intuition qui impliquent un acte intellectuel.

8« Il est faux que les idées générales indéterminées soient innées -, elles semblent être des actes de la faculté de percevoir appliquée aux objets sous un point de vue général.

9" Ce qui est inné dans notre esprit, c'est l'activité sensitive et l'activité intellectuelle^ mais ces deux activités ont besoin, pour se mettre en mouvement d'être sollicitées par un objet.

10« Cette activité débute par les affections organiques, et, bien qu'elle franchisse la sphère de la sensibilité, elle demeure plus ou moins soumise aux conditions que l'union de Tàme avec le corps lui impose.

iMl est des conditions à priori de l'activité intellectuelle complètement indépendantes de la sensibihté : l'esprit les appHque à toutes choses, quelles que soient les impressfons qu'il en reçoit. Parmi c(^s conditions figure au premier rang le principe de contra^ diction.

12^ Donc il existe dans notre intelligence quelque chose d'absolu, une chose à priori qui demeurerait inaltérable alors même que les impressions que nous recevons des êtres, alors même que nos rapports avec les êtres subiraient un changement radical.

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