‹ Philosophie fondamentale [microform]Chapitre 325 sur 607 · L'IDÉE DE L'ÊTRE EST SIMPLE ET INDÉTERMI>ÉE · texte numérisé non relu

L'IDÉE DE L'ÊTRE EST SIMPLE ET INDÉTERMI>ÉE

7. Rien de plus simple que l'idée de l'être. Tout élément étranger lui répugne. La déterminer, c'est la détruire ; en effet, une idée déterminée nest plus l'idée d'être, mais d'un certain être; c'est une idée appliquée, ce n'est pas l'être dans sa généralité.

8. Disons qu'elle embrasse toutes choses, même les plus opposées ; que nulle particularité ne lui est nécessaire en même temps que toute particularité est comprise dans cette dénomination. Unir à l'idée d'être une détermination quelconque, c'est lui adjoindre un élément hétérogène, qui la peut accompagner par agrégation , mais qui ne saurait se combiner avec elle.

9. Donc l'idée de l'être est une idée simple, rebelle à toute décomposition, et qui, partant, ne relève point de la parole. La parole éveille cette idée; elle ne la crée pas.

Que l'on nous demande, par exemple, ce qu'il faut entendre par substance, modification, cause, effet; nous l'exphquons en unissant à l'idée d'être celle d'inhérence, celle de force productrice ou d(î chose produite ; mais l'être, il nous est impossible de l'expHquer autrement que par lui-même. Nous nous ser-

virons de ces mots : ce qui est, la réalité, etc. , mêmes choses sous des noms divers -, efforts par lesquels nous éveillons dans l'esprit d' autrui ce que nous contemplons dans le nôtre. Exposer que Vidée qui correspond au mot est une idée générale, énoncer les différentes espèces d'être, en leur appliquant à tous cette idée, c'est indiquer l'usage que nous faisons de l'idée \ ce n'est pas la décompenser. Nous établissons qu'il existe en toutes choses une chose qui correspond à cette idée^ ce quelque chose, nous ne le décomposons point: nous le constatons.

10. Il suit de Icà que l'idée de l'être n'est pas une idée intuitive. Essentiellement indéterminée, elle échappe à notre faculté de percevoir.

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