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CHAP. X. — UNITÉ ET MULTIPLICITÉ

devient point objet de réflexion. Ainsi, par eïeraple, la perception de tout être limité implique en qiaelque sorte l'idée du non être; mais nous pouvons faire abstraction de cette négation en considérant ce qu'^^^ l'objet et laissant de côté ce qu'il nest pas.

70. Je perçois un être et puis un second ^ Tun n'est pas l'autre -, de là l'idée de distinction et par oonséquent celle de multiplicité. Donc, sans la perception d'un non être relatif, combiné avec l'être, il n'y a ni distinction ni nombre ; mais cette perception suffit pour les donner.

'1. Les idées d'identité et d'unité sont simples,

lies de distinction et de nombre sont composées ; les premières ne comprennent point de négation ; les secondes impliquent un jugement négatif : (c Ceci n'est point cela. » Si A nous paraît distinct de B, nous percevons invinciblement que A n'est point B • il nous suffit de savoir que B n'est point A pour dire qu'ils sont distincts. Ces deux expressions : « A n'est point B, ou A et B sont distincts, » sont identiques.

72. ïl suit de là que la perception de l'être se combine avec celle du non être dès le début de notre intelligence. L'identité et k distinction, l'unité et le nombre, la comparaison, l'affirmation, la négation dérivent de cette perception. En dehors d'elle, impossible de penser. Sans la perception de la négation, nous n'aurions que la perception de f être, c'est-àdire l'intuition d'un objet identique, un, immuable; nous concevons de la sorte TinteUigence divine, contemplant l'inlinité de l'être dans l'essence infinie.

73. Dieu connaît-il les négations? Oui, car lorsqu'un être cesse d'exister, Dieu le sait; et cette vérité contient une négation. Dieu connaît la vérité de toute proposition négative, qu'elle exprime l'être substantif ou relatif-, donc il connaît la négation. Et ce n'est point une imperfection en Dieu; il n'est rien d'imparfait à connaître la vérité. L'imperfection se trouve dans les objets qui, par là même qu'ils sont finis, contiennent une négation, l'être combiné avec le non être. Si Dieu ne connaissait point la négation, c'est qu'elle serait impossible en soi, ce qui équivaut à l'impossibilité de l'existence du fini; or cela nous mène à la nécessité absolue et exclusive d'un être infini et unique.

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