DIFFICULTÉS A PROPOS DE L'EXPLICATION D* LA VITLSSE
32. Ici se présente une difficulté grave. Si le temps n'a rien d'absolu, comment exphquer le plus ou le moins dans la vitesse ? Ne résulte-t-il point de là que le rapport des mouvements restant le même, laugmentation ou la diminution demeure impossible. Si la vitesse est en rapport nécessaire avec le temps, et si le temps n'est autre chose que le rapport des (changements, peut-on concevoir que le temps, et par conséquent la vitesse, change, le rapport des changements restant le même? Ainsi la vitesse dans le mouvement de l'univers ne saurait changer, (l est donc absurde de supposer que les astres et les mondes pussent effectuer leurs révolutions actuelles avec plus ou moins de vitesse ^ ce qui détruit l'idée de vitesse, du moins en tant que chose absolue impli({uant divers degrés. Cette difficulté mérite qu'on l'étudié.
33. En premier heu, il convient d'observer que la vitesse, loin d'être une fhose absolue, n'est qu'un simple rapport. Les physiciens et les mathématiciens l'expriment au moyen d'une fraction dont le numérateur est Tespace parcouru et le dénominateur le
temps employé pour le parcourir. Soit, V la vitesse
E l'espace , T le temps ; il résulte : V=pj; . Donc la
vitesse est essentiellement un rapport. En effet, on n'a pu l'exprimer que par le rapport de l'espace avec le temps.
34. Cette formule mathématique est l'expression de l'idée que nous avons de la vitesse, formule exprimant en trois lettres ce que l'intelligence la moins cultivée pratique à chaque instant. On ne compare point exclusivement la vitesse de deux chevaux, soit par la distance qu'ils ont parcourue, soit par le temps qu'ils ont employé à la parcourir, mais par le plus ou moins d'espace parcouru en un même temps, ou par le plus ou moins de temps employé à parcourir la même distance.