‹ Philosophie fondamentale [microform]Chapitre 414 sur 607 · Une partie de l'espace exclut l'autre-, ainsi du · texte numérisé non relu

Une partie de l'espace exclut l'autre-, ainsi du

temps.

80. Un espace pur lequel devrait contenir les corps n'est rien-, ainsi d'un temps, c'est-à-dire d'une succession dans laquelle les choses se devraient succéder.

81. Ce qui est simple n'a nul besoin d'espace, et peut exister indépendamment de l'espace; ce qui est immuable n'a nul besoin du temps et peut exister sans lui.

82. Ce qui est simple et infini est présent à tous les points de l'espace sans perdre sa simplicité \ ce qui

CHAP. XI. — IDÉE DE l'ESPACE ET DU TEMPS. S9

est immuable et infini est présent à tous les points du temps, sans perdre son éternité.

83. Deux choses sont distantes dans Tespace, en vertu de l'interposition de certains corps. Cette distance n'est autre chose que l'étendue même des corps ; deux êtres sont éloignés l'un de l'autre dans le temps, en vertu de la même loi; cette distance est l'existence même des êtres qui s'interposent.

84. L'étendue n'a pas besoin d'une autre étendue où elle puisse se placer; car il résulterait de^ cette nécessité un processus in infinitum; par la môme raison, la succession des choses n'a pas besoin d'une autre succession.

85. De même que nous nous formons une idée de la succession continue dansTespace, par la distinction dans l'étendue, de diverses parties, par la perception de l'exclusion réciproque de ces parties; de même nous nous formons une idée de la succession continue du temps en distinguant les faits les uns des autres et par la perception de leur exclusion mutuelle.

86. Pour nous former une idée déterminée des parties de l'espace ou du temps, nous avons besoin de prendre une mesure comme terme de comparaison. I^ mesure de l'espace est l'existence d'un corps connu; celle du temps est pareillement un ensemble de changements que nous connaissons. Pour mesurer l'espace, l'on se sert, autant qu'il se peut, d'un objet fixe. Dans le principe, on avait pris certaines parties du corps humain; la palme, le pied, la coudée, le paf., etc., mesures approximatives* Les sciences exactes ayant

fait des progrès, on a choisi le mètre, c'est-à-dire

le du méridien de la terre : le temps se

mesure de la même manière par le mouvement des corps célestes, mouvement diurne, année lunaire, solaire, sidérale.

87. L'on ne saurait déterminer l'espace et comparer entre elles ses diverses parties, indépendamment de l'idée de nombre -, la même idée est nécessaire au temps et de la même manière. La quantité discrète éclaire la quantité continue.

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