Point de succession s'il n'existe des êtres qui ni
se succèdent; donc la succession, bien qu'elle se puisse concevoir en elle-même et d'une manière abstraite, ne saurait exister en debors des clioses.
437. Le temps implique avant et après^ et, par conséquent, succession. A vrai dire, c'est la succession elle-même, puisque concevoir la succession c'est concevoir le temps.
138. Succession emporte exclusion de certaines cboses les unes par les autres. Cette exclusion peut tenir soit à l'essence de ce qui est exclu, soit à une cause externe.
139. Donc le temps implique l'idée d'exclusion; idée générale de Tordre des cbangements ou du rapport entre l'être et le non être.
140. S'il n'y avait point de changements, il n'y aurait point de temps.
141. Avant l'existence du monde, il n'y a point eu de temps -, la durée c'était l'éternité.
142. L'éternité est l'existence môme de l'être infini, sans aucune altération réelle ou possible.
143. Le temps, indépendamment des cboses, n'est rien; mais il est réellement dans les cboses; c'est l'ordre entre l'être et le non être.
144. L'idée du temps est la perception de cet ordre d'être et de non être.
145. La coexistence est la simple existence de divers êtres. Concevoir plusieurs êtres sans négation d'être, c'est avoir une perception de coexistence.
146. Le temps peut être considéré sous trois aspects : présent, passé et futur. Tous les autres rap-
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ports de temps exprimés dans les divers idiome.s sont des combinaisons de ceux-ci.
147. Le présent est le seul temps absolu : on le conçoit indépendamment du passé ou du futur ; le passé et le futur ne se conçoivent point sans rapports avec le présent.
148. L'idée du présent accompagne l'idée même de l'être, ou pour mieux dire, se confond avec l'idée de l'existence; ce qui n'existe point présentement n'est point être.
149. L'idée de temps passé est la perception d'un non être ou d'un être déjà détruit, avec rapport à un être présent; de même que l'idée du futur est la perception d'un être possible relevant d'une cause déjà déterminée, avec rapport à un être présent.
150. L'idée du temps relève de l'expérience ; toutefois on ne peut dire qu'elle soit un fait de pure observation ; car, en tant que nécessaire d'une nécessité intrinsèque, elle est l'objet des sciences exactes.
151. On peut encore moins dire que cette idée appartienne exclusivement à Tordre sensible, puisqu'elle embrasse, en général, toute espèce de cbangements sensibles ou non.
152. L'idée du temps est la perception de Tordre entre l'être et le non être ; ce rapport, considéré dans sa plus grande générabté, appartient à Tordre intellectuel pur. L'idée du temps devient objet d'expérience de la même manière que les autres concepts généraux et indéterminés.