Il faut distinguer entre le temps idéal pur et
le temps empirique. Le temps idéal pur est le rapport généralisé et abstrait de l'être et du non être ^ le temps empirique est le même rapport assujetti à une mesure sensible.
154. Pour mesurer cette succession, trois choses sont nécessaires, dont l'ensemble forme l'idée du temps empirique : 1° idée pure d'être et de non être ou de changement ; 2^ application de cette idée à un phénomène sensible, par exemple au mouvement solaire ^ 3° idée du nombre appliquée à la détermination des changements de ce phénomène.
155. Ainsi l'on conçoit pourquoi le temps empirique emporte avec lui une véritable nécessité et devient objet de science. Des trois éléments dont il se compose, l'un est une idée métaphysique, l'autre une idée mathématique, le troisième un fait d'observation auquel ces idées s'appliquent. Si ce fait n'était point réel, il serait au moins possible, ce qui sauvegarde la nécessité du calcul qui s'appuierait sur lui.
156. Il y a un rapport intime entre l'idée du temps et le principe de contradiction. Celui-ci s'explique par celle-là, et réciproquement , sans qu'il y ait cercle vicieux. Le principe de contradiction étant l'exclusion de l'être par le non être , et vice versa; Vidée du temps étant la perception de Tordre entre l'être et le non être, il résulte que l'analyse mène à un fond identique, c'est-à-dire à une comparaison entre les idées d'être et de non être.
157. Enlevez l'idée du temps, plus de mémoire^ l'unité de la conscience s'évanouit.