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CHAPITRE XIV

UN ÉCLAIRCISSEMENT IMPORTANT. RÉSl MÉ.

105. Lorsqu'on dit : la substance est un être existant par lui-même, on n'entend point que cet être n'ait pas besoin d'un autre être pour exister. Confondre ces deux choses, c'est préparer une effroyable confusion d'idées, laquelle naît d'une autre confusion non moins monstrueuse, à savoir de la confusion du rapport de cause et d'effet avec le rapport de substance et d'accident.

106. Le rapport de cause et d'effet consiste en ce que la cause donne l'être à l'effet, et le rapport de substance et d'accident , en ce que la substance sert de sujet à l'accident^ choses profondément distinctes.

Notre âme est le sujet d'un grand nombre d'accidents à la production desquels efie n'a point de part, auxquels même elle s'oppose de tout son pouvoir. Par exemple, les sensations douloureus(îs , les impressions désagréables , les pensées importunes qui nous assaillent malgré nous. Dans ce cas, l'âme est sujet et non cause. Si je ne me trompe, cet exemple prouve qu'il existe une ligne de démarcation entre le caractère de causalité et celui de substance, entre le caractère d'effet et celui d'accident.

107. Être subsistant par soi-même exprime une certaine exclusion ; si cette exclusion se rapporte à la

226 LIVRE W, ^- LA SDBSTANCE.

causalité, être subsistant par soi-même signifie être non causé ; que si elle se rapporte à Tinhérence, être subsistant par soi-même, signitie être non inhérent à un autre (les accidents sont inhérents à la substance). Lorsqu'on définit la substance, un être subsistant par lui-même, on donne à la définition le second sens, non le premier, et cette distinction suffît pour renverser tout le système de Spinosa et des panthéistes, quel que soit le point de vue sous lequel ils présentent leur erreur.

108 Afin d'entrer libre de tout embarras dans la question du panthéisme, résumons en peu de mots ce que la raison et l'expérience nous disent de la

substance :

1° Il existe en nous un être un, simple, identique, permanent, sujet des phénomènes que nous éprouvons.

^'^ Il existe hors de nous des objets qui conservent

quelque chose de constant au milieu de la diversité de leurs phénomènes.

3° L'idée de substance implique les idées d'être, de permanence, de non inhérence à un autre être comme modification.

^'^ Toute substance finie est sujet de modifications et implique ce rapport.

5** Les idées d'être, de permanence et de non inhérence à un autre être, n'impliquent point nécessairement le rapport de modification.

6"* Une substance immuable n'implique aucune contradiction.

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