Cet acte, c'est-à-dire X = je suis, ne repose
suraucun principe plus élevé. » {Doctrine de la science I^part.,p. 1.)
Cela est vrai dans un certain sens, à savoir en tant que dans la série des faits de conscience, nous aboutissons à notre existence propre comme au terme qu'il nous est impossible de dépasser. L'acte réflexe en vertu duquel nous percevons notre existence est exprimé par la proposition : je suis, ou j'existe-, mais cette proposition , par elle seule, ne nous apprend
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point la nature du moi ; elle ne prouve pas notre indépendance absolue. Au contraire, dès que nous commençons à réfléchir, des faits internes s'olTrent à nous, lesquels nous inclinent à croire que notre être relève d'un être supérieur; à mesure que la réflexion se fortifie, la conviction de cette vérité devitînt plus profonde, parce qu'elle repose sur une démonstration rigoureuse.
On ne saurait affirmer que l'acte je suis ne relève point d'un principe plus élevé, dans ce sens que l'acte ne suppose dMQMU principe d'action et que par lui seul il produit l'existence. Outre que ce raisonnement blesse le sefts commun et ne s'appuie sur rien , il est en opposition avec les notions les plus fondamentales d'une bonne philosophie.
131. Fichte pense autrement; et sans dire pourquoi, il déduit de la proposition citée les conséq[uences que voici : u Donc (l'acte je suis) est le principe posé absolument d'un certain acte de l'esprit humain , puisqu'il est à lui-même son fondement. (Ou verra par l'ensemble de la Doctrine de la science que cela se doit dire de tout acte de l'esprit humain.) Son véritable caractère est le caractère pur de l'activité en soi ; abstraction faite des conditions empiriques qui lui sont particulières. »
Fichte daigne nous apprendre que le caractère d'un acte est son activité; grande découverte! bien que ce caractère ne soit point pur^ puisque en nous aucun acte n'est activité pure, mais tel acte d'activité.
« Ainsi , continue-t-il , se poser lui-même . c'est
ni.
Ji
pour le moi ce qui constitue l'activité pure. — Le moi se pose lui-même et existe en vertu de cette simple action 5 et réciproquement le moi existe et pose un être, simplement en vertu de son être. — Il est en même temps et l'agent et le produit de l'action -, ce qui opère et ce qui est produit par l'action -, en lui, l'action et le fait sont une seule et même chose -, c'est pourquoi je suis est l'expression d'un acte, mais aussi du seul acte possible, comme on le verra par toute la Doctrine de la science. »
Comprenne qui pourra ce qu'est l'être en même temps produisant et produit^ principe et terme de l'action , cause et effet de l'action -, comprenne qui pourra ce que signifie exister en vertu d'une simple action, et exercer cette action en vertu de l'existence. Dernier degré de l'absurde. En Dieu, être infini, l'essence, l'existence et l'action s'identifient 5 mais on ne dit point que ï dicWon produise l'être de Dieu, que Dieu se pose par l'action ; nous disons de lui qu il existe nécessairement et que par là même il est impossible qu'il ait été produit en passant du non être à l'être.
132. Il n'est peut-être pas impossible de donner une explication rationnelle des hiéroglyphes de Fichte-, mais cette explication serait admissible qu'elle n'excuserait nullement le philosophe d'avoir exprimé les vérités les plus simples en termes contradictoires^ quoi qu il en soit, voici l'explication. L'âme est une activité^ son essence est la pensée, et c'est par là qu'elle se manifeste à elle-même dans l'acte de la conscience. C'est