CHAPITRE VïîL — SCIENCE TRANSCÈJÏDANTALE. fi
pliquer un mystère I l'ai dît uïi mystère-, 0«i, ftrni* mille fois moins obscur que le système à l'aide duquel on prétend éclairer ses ténèbres.
91. Loin de rien expliquer, l'identité universelle «confond toutes choses; loin de résoudre les difficultés , elle les fortifie et les rend insolubles. Qu'il soit difficile d'entendre comment des objets distiftctsT de l'esprit sont représentés dans l'esprit, nul ne le conteste ; mais l'est-il moins de rendre compte du phénomène de l'esprit se représentant lui-même? S'il y a unité, s'il y a identité complète entre le ^rjet et l'objet, comment s'ofPrent-ils à nous comme chc»sc^ distinctes ? L'unité produit la duaflité ; Fidentité éiîfan te la diversité : qui nous expliquera ces mystères?
C'est un fait attesté par l'expérience , et non pftf Fexpérience des objets extérieurs , mais par eelk de? la conscience , par le fond le plus intime de notï^ être, que dans toute connaissance il y a mjet et ob^t, perception et chose perçue , et que cette distindiort rend seule la connaissance possible. Même dans le &k§ oè, par un effort de réflexion, nous nous prenons' nous-mêmes pour obj^t de flos pensées , l« dualité ste montre -, si elle n'existe p»s , nous la supposoîM* Sans cette fictïo«, nous n^arriverioTîs jamais à pen^ier*
9(2. Obï, l'observation noiïs apprend que, dans facte le plus intime, le plus concentré, la dualité se révèle, et non, comme on pourrait le croire, un^e dualité fictive, mais une dualité réelk, positive, «listir^te.
L'intelligence qui se replie et fâîl retour sur Ml
propre nature ne voit point son essence, puisque l'intuition directe d'elle-même ne lui est pas donnée 5 elle voit ses actes et les prend pour objet; or l'acte réfléchissant n'est point l'acte réfléchi; lorsque je pense que je pense, le premier penser est distinct du second ; tellement distinct, que l'un succède à l'autre -, le penser réfléchissant n'existerait pas si le penser réfléchi n'eût antérieurement existé.
93. Une analyse attentive de la réflexion confirmera les observations précédentes. Est-il possible de réfléchir sans un objet de réflexion ? L'objet, dans le cas présent, quel est-il ? C'est la pensée elle-même. Donc la pensée a dû préexister à la réflexion. Que si Ton prétend que la succession dans le temps n'est . pas nécessaire , et que la simultanéité ne détruit pas la dépendance , notre raisonnement ne perd rien de sa force. Je suppose, sans l'admettre, que la simultanéité soit possible -, mais la dépendance ne l'est pas, s'il n'y a point de distinction. La dépendance est un rapport : le rapport suppose une opposition entre les extrêmes, et cette opposition entraîne la distinction.
•94. Que ces actes soient distincts, alors même qu'on les supposerait simultanés , nous le pouvons prouver d'une autre manière. En effet, l'un de ces deux actes , l'acte réfléchi, existe indépendamment de l'acte réfléchissant. La pensée est dans un travail continuel sans pour cela faire retour sur elle-même. Qui n'a mille fois pensé sans songer à sa pensée ? La même chose se peut observer à propos de la réflexion, soit qu elle n'intervienne point pour s'occuper de