DES PANTHÉISTES
163. Le panthéisme fonde ses arguments principaux sur l'unité de la science, sur runi\ersalité de l'idée de l'être, sur le caractère exclusif, absolu des notions de substance et d'infini.
164. La science doit être une, disent les panthéistes, ce qui ne peut avoir lieu s'il n'y a point unité d'être. La science doit être certaine : point de certitude absolue sans identité entre l'être qui connaît et la chose connue.
Voulez-vous résoudre ces difficultés? niez simplement les propositions gratuites sur lesquelles on les appuie, ou demandez qu'on les prouve.
Il est faux que la science humaine doive citre une ; il est faux que l'unité de la science exige l'unité de l'être. Pour triompher dans une discussion , il ne suffit pas
ir
d'alïirmer : or les propositions sur lesquelles l'échafaudage du panthéisme repose ont contre elles et la raison et Fexpérience. Il me semble inutile de répéter ici ce que nous avons exposé surabondamment dans la question de la possibilité et de l'existence de la science transcendantale, soit dans l'ordre intellectuel absolu, soit dans Tordre humain (Chap. iv, V, VI, vu).
Je ne m'arrêterai pas davantage à la seconde proposition, qui exige identité entre le sujet connaissant et l'objet connu. L'identité universelle n'exphque point le problème de la représentation ; je l'ai prouvé en son lieu.
J'ai prouvé d'une manière incontestable qu'avec la représentation d'identité il y a les représentations de causalité et d'idéaUté (Liv. I, depuis le chap. vni jusqu'au chap. xv).
Je crois pareillement avoir établi la valeur objective des idées, en tant que distinctes des objets, en m'appuyant sur l'unité de conscience (Liv. I, ch. xxv).
Les doctrines de Kant , qui nous amènent à convertir le monde externe en un fait purement subjectif, et qui donnent naissance à l'idéalisme transcendantal de Fichte, sont réfutées dans le livre deuxième, OÙ je démontre l'objectivité des sensations ; dans le troisième livre, où j'ai constaté la réalité de l'étendue, et dans le septième, où je prouve que le temps n'est point une forme pure du sens intime.
165. Que dire de l'argument fondé sur l'idée de l'universalité de l'être, de l'argument dans lequel on