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Nul être fini ne saurait être nécessaire autre

CHAP. l. — NÉCESSITÉ. 275

ment que d'une nécessité hypothétique. Le rapport des attributs essentiels de l'être fini est nécessaire; mais comme l'essence de cet être n'existe point en vertu de la nécessité, tout ce qui est nécessaire en lui l'est uniquement par hypothèse, c'est-à-dire supposé qu'il existe.

6. De là, deux nécessités : l'une absolue, l'autre hypothétique. Celle-ci se rapporte aux essen(;es mêmes des choses, en dehors de leur existence qu'elle implique, toutefois, au moins comme une condition, et en supposant une autre condition nécessaire comme un fondement de possibilité (L. IV, chap. xxm, xxiv, XXV, XXVI, xxvh). Celle-là se rapporte à l existence même de la chose. L'absolument nécessainî est cette chose dont l'existence est d'une nécessité absolue.

7. L'essence de l'être nécessaire implique l'existence-, ridée de cet être doit impliquer l'existence, une existence réelle, et non pas seulement une existence logique et de concept.

8. Nous pouvons concevoir l'existence de l'être nécessaire en la distinguant de son essence, cela tient à l'imperfection même de l'idée. Cette idée n'est pas intuitive, mais de raisonnement; c'est pourquoi nous distinguons entre l'ordre logique et l'ordre réel.

Ici apparaît le défaut du raisonnement ï)ar lequel Descartes prétend démontrer l'existence de Dieu en s'appuyant sur ce que l'attribut existence se trouve compris dans l'idée d'un être nécessaire et infini. Oui, l'idée de l'être nécessaire implique l'existence, mais une existence idéale : reste à savoir si la réalité cor-

respond à l'idée. L'attribut convient au sujet selon la manière dont le sujet se pose : or celui-ci ne se pose que dans l'ordre purement idéal-, donc l'attribut est purement idéal comme lui.

9. Impossible de démontrer la réalité de Têtre nécessaire par l'idée toute seule de l'être nécessaire. Mais on la prouve jusqu'à l'évidence en introduisant dans le raisonnement d'autres éléments fournis par l'expérience.

Il existe quelque chose ^ nous existons; au moins la perception de notre existence existe, ou du moins l'apparence de cette perception.

Je laisse de côté les questions qui s'agitent entre les dogmatistes et les sceptiques, me bornant à constater un fait que personne ne peut nier, même en poussant le scepticisme jusqu'aux dernières limites. Quand je dis qu'il existe quelque chose, j'entends seulement affirmer que tout n'est pas un pur néant.

40. Si quelque chose existe, quelque chose a toujours existé; et l'on ne saurait désigner un instant où il eût été vrai de dire : « Il n'y a rien. » Admettez le néant universel en un seul moment de la durée; à l'heure présente, rien ne serait, et jamais rien n'aurait pu exister. Le néant peut-il produire quelque chose? Évidemment non : ainsi dans la supposition du néant universel, la réahté est absurde.

Donc il a toujours existé quelque chose d'absolu , à' inconditiouTiel : donc il y a un être nécessaire. L'existence de cet être est toujours posée et sans hypothèse; son non être n'est admis sous aucune con-

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