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NECESSITE

4. Les êtres se divisent en deux classes : êtres nécessaires, êtres contingents. L'être nécessaii'e est celui qui ne peut point ne pas exister ; l'être contingent i celui qui peut être et cesser d'être. Ces définitions ' disent tout, mais il faut les développer. La contin-

gence et la nécessité peuvent être envisagées sous divers aspects \ de là aussi des considérations diverses; c'est pourquoi nous allons insister sur ces idées.

2. En général, on entend par être nécessaire celui qui ne peut point ne pas exister -, mais les a(;ceptions du moi ne peut sont très-multipliées. Exemples : Sens moral de ce mot : u Je ne puis m'afïranchir <ie ce devoir. » Sens physique : « Un paralytique ne peut se mouvoir. » Sens métaphysique : Un triangle ne peut être un quadrilatère. » Dans le premier (exemple, Tobstacle tient à la loi -, dans le second , il tient à la nature ^ dans le troisième , à l'essence même des choses. Dans toutes les suppositions, la nécessité im-

plique Timpossibilité du contraire, et la nécessité participe de Timpossibilité.

3. D'où il suit que nécessité et impossibilité sont des idées corrélatives, et qu'une chose est métaphy' siquement nécessaire lorsque son contraire est rwé/aphysiquement impossible. L'exclusion d'une chose par une autre constitue \ impossibilité. Ainsi la proposition : (( Un triangle circulaire est impossible, » équivaut à celle-ci : k La nature d'un triangle exclut celle du cercle. » Donc, en toute impossibilité, il y a un extrême que l'on nie, comme en toute nécessité il y a un extrême que Ton affirme. Une chose est metaphysiquement nécessaire^ lorsque l'opposé de cette chose implique contradiction. L'absurde est impossible -, absurde est la non existence du nécessaire. Un triangle à quatre côtés est contradictoire ; un triangle sans trois angles est absurde.

4. Dans l'ordre purement idéal, il existe plusieurs nécessités sans rapport avec l'existence : par exemple, toutes les vérités géométriques. Dans l'ordre réel même, les êtres contingents nous offrent plusieurs nécessités hypothétiques \ ce qui a lieu lorsque nous leur appliquons les principes absolus dans une hypothèse fournie par l'expérience. Le principe de contradiction sert dans une infinité de cas à fonder une certaine nécessité, même dans les êtres contingents. Il n'est pas de nécessité absolue qu'il existe des êtres étendus ^ mais supposé qu'ils existent , ils ont nécessairement les propriétés de l'étendue.

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