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IMMUTABILITÉ DE L'ÊTRE NÉCESSAIRE ET INCONDITIONNEL

22. L'être absolument nécessaire et inconditionnel est immuable. Il est immuable, parce qu'il est, ou, pour parler comme de nos jours, parce que son existence est posée d'une manière absolue et sans condition, en vertu d'une nécessité intrinsèque ; son état se trouve posé avec son existence. Nous faisons abstraction, pour le moment, de la nature de cet état; il n'importe qu'il soit telle ou telle perfection, ou même tel degré de perfection, fini ou infini. L'existence de cet être étant posée inconditionnellement, son état est posé de la même manière ; partant la non existence de l'être absolument nécessaire et incondi-

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tionnel étant contradictoire (cbap. i"), il en est ainsi de son non état. Le changement n'est autre chose que la transition d'un état à un autre état, lequel implique le non état du premier état-, donc le changement dans le nécessaire est une contradiction.

23. Précisons : je désigne par E l'être nécessaire et inconditionnel. E étant posé d'une manière absolue et sans condition, en vertu d'une nécessité intrinsèque, le non E doit être contradictoire. L'êlre E n'est point abstrait, mais réel ; partant il imphqut; certaines perfections comme l'intelligence, la volonté, l'activité, etc. Ces perfections, il les possède en on certain degré, grand ou petit, fini ou infini. Posons avec l'existence absolue E un état de perfection N. Dans la supposition, cet état ne peut avoir été déterminé par rien; donc l'état est inconditionnel. Donc un état N étant posé d'une manière absolue et nécessaire, le non N doit être contradictoire. Donc le changement que devrait subir E pour passer de N à iion N est pareillement contradictoire»

24. Mais admettons pour un moment que l'être nécessaire puisse changer par sa propre vertu. La raison du changement étant nécessaire et éternelle, nous sommes forcés d'admettre une série infinie d'évolutions; nous voilà de nouveau dans l'impossibilité de concilier l'infinité de la série avec l'existence d'un terme quelconque (chap. n).

2o. Il reste prouvé que l'être nécessaire et inconditionnel ne saurait subir de changement qui lui fasse perdre son état primitif.

L'être nécessaire ne peut rien perdre-, il ne peut passer de N à non N. Mais peut-être que sans perdre N et sans passer à non N, il pourrait acquérir. Plus clairement : N étant donné, le non N est contradictoire^ mais N étant donné, N + P sera-t-il pareillement contradictoire, P exprimant une perfection quelconque ou un degré de perfection? Je réponds par Taffirmative : en effet, P devra sortir de N : donc tout ce qui est en P devait se trouver en N -, donc il n'y a point eu de changement, et la supposition est contradictoire.

26. On répondra peut-être que P était en N virtuellement, et que le nouvel état ajoute seulement une forme nouvelle. Mais cette forme, en tant que forme, comprend-elle en réalité quelque chose de nouveau? Si vous répondez par la négative, point de changement; si, par l'affumative, ou cette chose nouvelle se trouvait en N ou elle ne s'y trouvait point; si elle ne s'y trouvait point, d'où est-elle sortie?

27. Pour éluder cette démonstration, l'on pourrait imaginer plusieurs êtres nécessaires agissant les uns sur les autres, causes de changement les uns pour les autres : ce qui semble expliquer les nouveaux états. Mais, outre que ces fictions n'ont évidemment aucune base, et qu'elles heurtent les principes les plus simples de Vontologie, on peut les réduire à néant par un argument sans réplique.

Soient les êtres nécessaires et inconditionnels A, B, C, D ; chacun de ces êtres est posé d'une manière absolue dans un état primitif, état que nous nommerons

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