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CHAP. V. — NOTÎON DE CAUSALITÉ

47. L'idée de causalité comprend une autre idée simple, laquelle accompagne l'idée d'être, mais sans se confondre avec elle. Que l'on dise que cette idée auxiliaire est une modification de l'idée même d'être, j'y consens.

48. D'où naît l'idée de causalité? Il n(î semble point que l'intuition seule de l'idée d'être suffise pour l'engendrer. L'idée d'être est simple et n exprime que l'être ; c'est pourquoi cette idée n'implique aucun rapport avec la transition du non être à l'être.

49. Serait-elle le produit de l'expérience ? Il faut distinguer ici entre l'idée même de la causalité et la notion de l'existence de la cause. L'expérience manifeste la succession des êtres, c'est-à-dire leur transition du non être à l'être, et vice versa. Nous avons observé que, dans l'intuition du non être relativement à l'être, la transition nous apparaît comme impossible, s'il n'intervient un être qui l'exécute ; donc la certitude de l'existence de la cause naît de l'expérience combinée avec l'intuition des idées de non être et d'être.

50. Supprimez cette expérience et nous ne saurons point si la causalité est possible \ en effet, l'idée d'être, comme nous la possédons, ne nous donne pas l'idée de force : peut-être pourrions-nous concevoir la force, mais seulement d'une manière abstraite. Nous aurons la notion de force, non la connaissance de son existence; nous n'aurons pas même la certitude de sa possibilité.

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