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CHAPITRE Vni. — l'identité UNIVERSELLE

les Pères et les théologiens , en cherchant, dans l'(îtude des vérités révélées, à étayer leur foi par certaines raisons de convenance, ont porté la lumière dans les profondeurs les plus cachées de la pensée humaine.

98. Ajoutons que cette prétendue identité universelle contredit un des faits primitifs et fondiamentaux de la conscience , sans expliquer pour cela l'origine de la représentation intellectuelle et sa conformité avec les objets. Nul homme ne possède l'intuition du moi individuel et de sa nature , encore moins l'intuition de la nature de l'être absolu que les partisans de l'identité regardent comme le subslrQ,-tum de tout ce qui est ou de tout ce qui paraît. Dès lors, impossible d'expliquer à priori ni la représentation des objets, ni la conformité des objets avec la représentation. Donc le fait que l'on voudrait donner pour base à toute la philosophie n'existe pas, ou n'est pas connu : dans les deux cas, il ne peut servir à fonder un système.

Si le fait existe , il ne peut se présenter à nous sous forme de raisonnement-, il est vu, pour ahisi dire , plutôt que connu -, il exige la première place , ou n'en a point. Raisonner en dehors de ce fait, c'est s'appuyer sur de simples apparences \ c'est se servir de l'illusion comme d'un degré pour atteindre la realité. Ainsi , il résulte du système de nos adversaires que la philosophie doit commencer par l'intuition la plus vive, la plus efficace, ou qu'il lui est iinpossil)le de faire un pas.

99. La scolastique distinguait entre le principe de l'être et du connaître , pi^incipium essendi et principium cognoscendi. Cette distinction n'est pas admise dans le système que nous combattons. L'être se confond avec le connaître. Ce qui est existe parce qu'il se connaît , et il existe seulement en tant qu'il se connaît. Déduire Tenchaînement des connaissances , c'est dérouler l'enchaînement de l'être -, il n'y a pas même deux mouvements parallèles^ il n'y en a qu'un. Le moi est l'univers -, l'univers est le moi. Tout ce qui existe n'est qu'un développement du fait primitif-, c'est le fait même qui se déploie et se manifeste sous différentes formes, s'étendant comme un océan sans rivages. Le lieu qu'il occupe, c'est l'espace infini^ sa durée, l'éternité* !

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