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Tous les termes commencés présupposait

CHAi>. VII. -— DE l'antériorité. 3o5

d'autres termes en nombre singulier ou pluriel; donc à la fin, nous devons aboutir à un ou à plusieurs termes non commencés. Les termes commencés ne peuvent avoir commencé si l'on ne suppose l'existence de termes non commencés ; donc l'existence de ceux-ci est nécessaire à l'existence de ceux-là. Doniî la raison de l'existence commencée des premiers, et partant la causalité vraie, se trouve dans les termes non commencés.

82. Les difficultés que l'on oppose à cette démonstration naissent de ce que, sans le vouloir et contre la supposition , Von attribue à la durée une existence distincte des êtres. Pour comprendre toute la force de la preuve, il faut éliminer entièrement le concept imaginaire de la durée pure ; il est facile de voir alors que la dépendance représentée comme rapport de durée est une dépendance des êtres en eux-mêmes, dépendance qui ne nous offre autre chose que le rapport même exprimé par le principe de causalité.

83. Eliminez le concept de durée pure, en tant que distincte des êtres, il ne reste que la transition du non être à l'être, seule chose que le mot cc»mmencer exprime. Dans ce cas il y a identité entre le principe d'antériorité et le principe de causahté ; or, comme nous avons dû faire abstraction de la durée en ellemême , afin de résoudre les difficultés , il arrive que si le principe de causahté doit rester hors d'atteinte et prendre rang parmi les axiomes, il ne peut reposer que sur la contradiction entre l'être et le non être ; sur l'impossibilité où nous sommes de conce-

voir un être apparaissant tout à coup , lequel ne serait précédé que dïin pur non être.

84. Donc, en dernier résultat, après avoir étudié la question sous toutes ses faces, nous venons aboutir à ce que nous avions établi dans les chapitres précédents : un non être ne saurait parvenir à l'être sans Fintervention d'un être ; la série non A, A est impossible, à moins qu'il n'intervienne un être B. Il il en est ainsi dans nos idées elles-mêmes^ nier cette vérité, c'est nier notre propre raison.

Ainsi le principe de causalité ne saurait être complètement prouvé qu'en la manière que nous avons employée dans les chapitres précédents. Commencer suppose un non être de ce qui commence ; comment l'être sortirait-il du concept de non être? Cela est contradictoire. Le principe de causalité est vrai subjectivement, puisqu'il s'appuie sur nos proi)res idées; mais il est pareillement vrai objectivement, parce qu'ici l'objectivité se trouve nécessairement liée à la subjectivité (liv. I, chap. xxv). Un être se montrant à Fimproviste sans cause, sans raison d'être, n'est qu'une imagination absurde. Il répugne à notre intelligence de le concevoir, autant qu'il lui convient d'admettre le principe de contradiction.

Comme le temps est le rapport du non être à l'être et Tordre dans ce qui varie, on le voit, il est impossible de concevoir une succession sans une chose qui préexiste. Ainsi le principe d'antériorité fortifie le principe de causalité, ou plutôt ces principes ne sont qu'un même principe présenté sous divers aspects :

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