Lorsqu'elle traile des corps, la philosophie
doit se renfermer dans les limites de la physique proprement dite^ que si elle veut s'élever dans les régions de la métaphysique, les corps disparaissent en tant que phénomènes soumis à Tobservation ^ il ne reste d'eux que les idées générales et indéterminées.
124 . Nous sommes en quelque sorte passifs dans notre faculté de sentir, en tant que nous recevons les impressions que nous nommons sensations -, ici , notre part d'activité ne dépend point de notre libre arbitre. Portons notre main sur le feu , il nous est impossible de ne pas éprouver une sensation de chaleur. Quant à la causalité que la reproduction des sensations passées ou la production de certaines représentations sensibles nouvelles implique, en vain nous demanderait-on notre mode de l'exercer. C'est un fait de conscience-, nous savons que ce fait existe, et qu'il existe de telle manière ^ nous n'allons pas plus loin.
122. Il en est de même de Télaboration des idées. Impossible à la philosophie d'expliquer la manière dont s'opère cette production immanente-, l'idéologie se borne à caractériser, à classer ces phénomènes \ elle expose l'ordre dans lequel ils se succèdent, confessant sur tout le reste son irrémédiable impuissance.
123. L'exercice de la volonté offre pareillement à notre intuition, ou, si l'on veut, à notre conscience une série de phénomènes sur la production desquels nous ne savons rien , au moins quant au mode. La conscience atteste la présence de ces phénomènes en nous \ elle atteste la présence du principe libre de