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CHAPITRE XIV

l'activité corporelle est-elle possible?

1 iS. Les bornes de notre connaissance intuitive par rapport à la causalité et à l'activité une fois posées, toute objection sur la causalité secondaire s'étayant de la confusion qui règne entre les idées intuitives et les idées indéterminées, s'évanouit. Mais il reste encore à examiner s'il existe de véritables causes secondes, c'est-à-dire s'il se trouve réellement dans les êtres finis un principe de modifications propres ou étrangères. Un certain nombre de philosophes, parmi lesquels Malebranche, ont refusé aux causes secondes toute efficacité 5 ils en font de simples occasions. L'auteur de la Recherche de la Vérité ose soutenir que non-seulement la causalité secondaire n'existe pas, mais qu'elle est impossible.

iiO. Deux espèces d'êtres se présentent à nous dans l'univers : les êtres immatériels et les êtres corporels. Il convient d'examiner séparément les difficultés particulières qu'on élève à leur sujet. Commençons par le monde des corps. On dit que la matière

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est incapable de toute activité ^ qu'indifférente par essence, elle se prête à toute espèce de modifications. Je ne sais sur quoi se fonde cette proposition si générale, et ne saurais voir comment il est possible de l'appuyer, soit sur la raison, soit sur l'expérience.

150. Pour soutenir que la matière est incapable de toute activité, il faudrait connaître son essence même; or cette connaissance nous manque. De quel droit nier la possibilité d'un attribut, lorsqu'on ignore la nature de l'objet auquel il doit appartenir, ou que du moins aucune de ses propriétés connues n'autorise cette négation.^ Il est vrai que nous refusons à la matière la possibilité de penser ou même de sentir; mais cette négation n'est légitime que parce que ce que nous savons de la matière suffit pour montrer cette impossibilité. Dans la matière, quelle que soit son essence intime, il y a des parties, et par conséquent multiplicité ; or les faits de conscience requièrent l'unité et la simplicité de l'être. (Liv. ix).

Il en est autrement quant à l'activité. Celle-ci ne nous offre point l'idée intuitive de conscience; elle nous présente seulement le concept vague d'un principe de modifications propres ou étrangères ; ce qui n'est point contradictoire avec l'idée de multiplicité. Supposons qu^il existe dans les corps qui se meuvent une véritable activité, laquelle détermine le mouvement dans les autres corps-, cette activité est distribuée dans les différentes parties du corps; au moment du choc, les parties de ce corps déterminent à leur tour le mouvement dans les parties

Stances même où eDe nous semble plus particulièrement passive, comme dans les sensations, elle implique activité; c'est par elle que le sujet se rend compte à lui-même, tant explicitement qu'implicitement, de Taffection éprouvée.

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