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CHAP. XVII. — SPONTANÉITÉ

181. Rien n'empêche d'admettre philosophique^ ment une communication immédiate de nôtres esprit avec un esprit supérieur, et par suite de placer dans 1 influence directe de cet esprit supérieur sur le nôtre l'origine de certains phénomènes spontanés.

182. Il n'y a point eu dans le genre humaio, à son berceau, de développement spontané indépendant de l'action du Créateur. La philosophie nous fait toucher au doigt la nécessité d'un enseignement primitif sans lequel Tesprit humain n'aurait pu sortir de l'abrutissement. Nous allons éclaircir cette dernière observation.

183. La religion atteste que le genre humain a reçu, dans la personne du premier homme, une instruction primitive donnée par Dieu même. La raison et l'expérience confirment hautement ce témoignage.

Notre esprit contient d'innombrables germes : mais ces germes demandent une cause extérieure, laquelle doit provoquer leur développement. Que serait un homme entièrement seul dès son enfance? Pierre précieuse enveloppée d'une terre grossière qm >^ilerait son éclat.

La parole ne produit point et ne peut produire l'idée; la raison des idées n'est point dans le langage, la raison du langage est dans les idées. La parole est un insigne; ce qui ne se conçoit point n'a pas de signe 5 mais le signe de la parole est un instrument merveilleux.

La parole est à l'entendement ce que les roues sont à la puissance motrice d'une machine. La puis-

sance donne le mouvement, mais sans les roues la machine resterait immobile. Otez la parole, le mouvement ne cesse point dans l'intelligence j mais il est bien lent, bien imparfait et bien lourd.

184. La Bible nous présente l'homme doué de la parole dès l'instant de la création. Donc, Dieu a été le révélateur du langage-, fait admirable que la raison confirme. L'homme, en effet, ne peut inventer la parole. Cette invention est l'invention par excellence, et l'on veut l'attribuer à des hommes stupides comme le sont tous ceux à qui la parole manque ! Il serait beaucoup moins étrange qu'un Hottentot inventât le calcul infinitésimal.

185. L'homme le moins cultivé, s'il sait une langue, possède un merveilleux trésor d'idées. La conversation la plus simple met à contribution des idées de l'ordre physique, métaphysique et moral. Prenons, par exemple, la phrase suivante dont le sens peut être saisi par les plus humbles esprits : « Je n'ai pas voulu poursuivre plus loin une bête iïmve, dans la crainte que l'animal irrité ne me blessât. » Cette phrase comprend les idées qui suivent : idées de temps, d'acte de la volonté, d'action, de continuité, d'espace, de causalité, d'analogie, de fin et de morahté.

Temps passé : — je n'ai pas.

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