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CHAP. XVII. — SPONTANÉITÉ

191. L'hypothèse des idées innées admises, l'on ne peut refuser à l'entendement la puissance de former de nouvelles idées, à mesure que les objets et surtout la parole l'y excitent. Autrement il faudrait dire que nous n'apprenons rien, que nous ne pouvons rien apprendre 5 que tout est écrit à l'avance dans notre esprit , comme dans un Hvre. Notre entendement ressemble à une case d'imprimerie où se trouvent tous les caractères-, pour leur donner un sens u faut la main du compositeur. '

Cette image, empruntée aux caractères d'imprimené, me remet en mémoire un fait idéologique bien digne d'exciter notre admiration : à savoir le trèspetit nombre d'idées que notre esprit contient, et la flexibilité merveilleuse de ces idées à tontes sortes de combinaisons. Tout ce qu'il y a d'idées dans l'ordre intellectuel peut être contenu dans les catégories d Aristote ou de Kant. Toujours est-il que leur nombre est très-limité. Chacune de ces idées, qu'on appelle Idées mères, ressemble à un rayon de lumière qui, passant à travers des milliers de prismes, prendrait une infinité de couleurs, de nuances et de ngures.

Notre faculté pensante étant presque tout entière dans la faculté de combiner, faculté merveilleusement diverse et multiple, l'accord de tous les esprits dans es combinaisons fondamentales présente une singularite remarquable : divergence sur les points seeondaires ; unanimité sur le point principal. Preuve que la raison humaine dans son existence comme dans ses

développements relève d'une intelligence infinie, cause et maîtresse souveraine de tous les esprits.

192. Répudiez ces idées si conformes à la philosophie et à l'histoire ; la spontanéité de l'homme comme celle du genre humain n'ont plus de sens^ vous tombez dans les théories vagues et absurdes du panthéisme idéaliste.

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