CHAPITRE IX. — l'identité UNIVERSELLE
Dieu ; que cette idée reparaisse, la lumière se fait et le mot est trouvé.
103. Ces deux problèmes essentiels : l'origine de la représentation intellectuelle, sa conformité avec les objets, ont pour nous une solution très-simple. Notre entendement participe de la lumière infinie, bien qu'il soit limité dans ses attributs : la lumière qu'il reçoit n'est pas celle qui existe en Dieu même ; elle en est la ressemblance, communiquée à l'homme, créature faite à l'image de Dieu.
Cette lumière éclaire les objets et les rend sensibles aux yeux de notre esprit, soit que ces objets entrent en rapport avec lui par des moyens qui nous sont inconnus, soit que Dieu nous en donne directement la représentation lorsqu'ils nous sont présents. iOi. La conformité de la représentation avec la chose représentée s'explique par la véracité divine. Un Dieu infiniment parfait ne peut tromper ses créatures. Telle est la théorie de Descartes et de Malebranche ; penseurs éminents, qui ne s'avançaient dans la recherche des vérités intellectuelles qu'en tournant, à chaque pas, leur regard vers l'auteur de toute lumière, qui n'écrivirent jamais une pajge où leur plume ne traçât ce grand nom : Dieu !
Malebranche, comme nous le verrons plus tard, prétend que, même dès cette vie, l'homme voit tout en Dieu -, mais, loin d'identifier le moi avec l'intelligence infinie, il établit entre eux une distuiction profonde. En effet, pour soutenir, pour éclairer le moi^ il ne trouve d'autre moyen que de le rapprocher
de la substance infinie, de l'unir à cette substance. Un coup d'œil jeté sur Fœuvre immortelle du Platon français suffira pour nous convaincre combien son système diffère des systèmes modernes -, combien il diffère de cette intuition primitive, acte essentiellement pur, dégagé de tout empirisme et qui semble sortir des régions où notre individualité est circonscrite ^ de cette intuition du fait simple, origine de toutes les idées et de tous les faits, intuition qui réaliserait sur la terre, dans le monde de la philosophie, la vision béatifique. Ces folles prétentions étaient bien éloignées de la pensée et des théories de l'illustre oratorien \