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CHAP. XVIII. — CAUSALITÉ FINALE

biner avec diverses séries de causalité finale. Un artiste peut se proposer les fins suivantes :

Première série : Faire briller son génie, afin d'acquérir une renommée, et avec la renommée, les jouissances de la gloire.

Deuxième série : Contenter la personne qui a demandé le travail dont il est question ^ en obtenir par là une certaine somme d'argent ; et à l'aide de cet argent subvenir à des besoins ou se procurer des plaisirs.

Troisième série : Chercher dans la peinture une distraction à des malheurs, et par là conserver la santé, etc.

11 est évident que l'on peut imaginer plusieurs séries d'une influence purement morale ou intellectuelle, qui ne concourent à la production de l'eff'et qu'en tant qu'elles se combinent avec la série efficiente, par leur influence sur la détermination de l'artiste.

195. Cette influence morale se peut exercer de deux manières : en subjuguant la volonté ou en la laissant libre de vouloir ou de ne vouloir point. Dans le premier cas, la spontanéité est volontaire, mais nécessaire ', dans le second, elle est libre. Tout acte fibre est volontaire, mais tout acte volontaire n'est pas libre. Dieu veut librement la conservation des créatures, mais il veut nécessairement la vertu, et il ne peut vouloir l'iniquité.

196. A ne considérer que la causahté efficiente, nous ne trouvons que des relations de causes et d'effets; mais en considérant la causalité yïna/^, un nouvel ordre d'idées et de faits s'offre à nos regards : « la

moralité. » Constatons d'abord l'existence du fait. 197. Bien et mal, moralité, immoralité, juste, injuste, droit, devoir, obligation, précepte, défense, licite, illicite, vertu et vice, — expressions d'un usage continuel que l'on applique aux relations de l'homme avec Dieu, avec lui-même et avec le prochain, sans que le moindre doute s'élève jamais sur le sens que chacun y attache. C'est comme si Ton parlait des couleurs, de la lumière, ou d'autres objets qui frappent nos sens. L'on dit : tel acte est licite ou iUicite; ou bien, cet homme est vertueux, cet homme est vicieux. — (( Il a le droit d'accomphr cet acte, il est obUgéde l'accomphr avec telle circonstance j — c'est son devoir ^ il a failli à son devoir : ceci est ordonné, cela est prohibé j ceci est juste, cela est injuste-, ceci est une vertu héroïque, cela est une méchanceté, un crime. » Ces expressions présentent-elles la moindre incertitude ? Les idées qu'elles traduisent ont cours parmi les ignorants et les savants, chez les nations barbares comme chez les peuples civilisés ^ dans la jeunesse des sociétés comme dans leur enfance et leur vieillesse, au milieu des mœurs pures comme au sein de la plus scandaleuse corruption. Elles expriment quelque chose de primitif, d'inné, d'essentiel à l'esprit humain, quelque chose dont l'homme voudrait en vain se dépouiller, tant qu'il est en possession de lui-même. L'application de ces idées sera quelquefois plus ou moins heureuse ou irrégulière ; mais les idées mères du bien et du mal, du juste et de l'injuste, du licite et de l'illicite sont les mêmes dans tous les temps et dans

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