CHAP. XIX. —CAUSALITÉ FINALE
qu'advient-il? — L'ordre moral est détruit^ chacun pense, agit au gré de ses calculs, de ses passions ou de ses caprices^ l'homme n'a pour guide que l'instinct aveugle de la nature ou les froides spéculations deFégoïsme. Le vice atteint des proportions hideuses ^ les liens de la famille sont rompus ; la société tombe dans un épouvantable chaos. Conséquences néc^essaires de l'expulsion d'un vain 2)ré jugé ! Effacez les idées de l'ordre moral et vous mutilez le langage lui-même. La louange et le blâme manquent d'objet; la flatterie devra borner ses éloges aux quahtés de l'ordre purement physique. Le mot mérite est interdit sous peine de tomber dans l'absurde.
204. Et maintenant, je le demande, que sont les difficultés du principe comparées aux conséquences que la négation du principe amène ? Nier la morale parce que l'examen de ses premiers princi])es offre des obscurités!... Véritable fohe ^ — la fohe du laboureur qui, voyant passer sous ses yeux le ruisseau qui fertilise ses campagnes, nierait l'existence de ses eaux, parce que des anfractuosités inaccessibles ne lui permettraient pas l'accès de la source bienfaisante.