L'INFINI
Des lecteurs peu versés dans l'histoire de la philosophie trouveront peut-être que je m'étends outre mesu re sur ces explications relatives à l'idée de l'infini; les questions quejV traite leur paraissant devoir être rangées dans la classe de celles qui fournissent bien une ample matière aux amateurs de subtilités, mais qui ne peuvent être utiles lorsqu'on tient à acquérir des connaissances solides. Ce serait là une erreur grave. Les questions relatives à l'idée de l'infini ont dans tous les temps occupé le premier rang entre les questions philosophiques, et à l'époque où nous vivons c'est à peine s'il y en a quelque autre qui mérite une plus grande attention de la part de ceux qui cherchent à arrêter le progrès du panthiéisme. Je ne me lasserai pas de répéter que beaucoup d'erreurs de la plus haute gravité ont leur source dans la manière confuse dont on comprend les idées fondamentales : quiconque se rend compte d'une manière claire, exacte et précise de ces idées, n'estime guère certains auteurs fort vantés dont tout le secret,' pour déguiser de déplorables égarements, consiste à employer des termes incompréhensibles ou à donner de nouvelles et fausses acceptions à ceux que l'on peut comprendre. Quoi qu'il en soit, ceux qui ne voient dans les questions de cette nature que des subtilités scolastiques se trouvent condamnés par là même à traiter d'ergoteurs les métaphysicien:? les plus éminents de l'antiquité et des temps modernes.
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NOTES DU LlYRE NEUVIÈME.
LA SUBSTANCE
MTWI
Je n'ignore pas que quelques philosophes modernes, et plus particulièrement M. Cousin, cherchent à se justifier de l'accusation de panthéisme en expliquant à leur manière les passages de leurs œuvres où cette erreur se trouve professée. Dans l'impossibilité où je suis de m'étendre sur une question qui exigerait de nombreuses et longues citations, je me contente de renvoyer le lecteur à ce que j'en dis dans le corps de l'ouvrage, et pour ce qui concerne M. Cousin en particulier, aux passages que j'ai rapportés dans mes Lettres à un sceptique en matière de religion (Lettre X). Ce n'est pas la faute des adversaires de M. Cousin si ce philosophe s'est servi de paroles si claires et si précises qu'il est impossible à un homme de bon sens de ne pas voir, sans la moindre hésitation, qu'elles contiennent la profession du panthéisme la plus nette et la plus naïve. Laissant à ce philosophe la responsabilité de ses mtentions je me contenterai de supplier instamment nos jeunes gens de ne pas se prononcer à la légère sur les controverses qui ont lieu en France; ceux qui nous les font connaître ne sont pas toujours des rapporteurs impartiaux et fidèles. Sur toutes choses, qu'ils s'abstiennent d'ajouter foi à ce qu'on cherche à leur faire croire, que les alarmes des hommes dévoués aux saines doctrines n'ont aucun fondement.