‹ Philosophie fondamentale [microform]Chapitre 570 sur 607 · CHAPITRE XXL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXL

COUP d'ceil sur l'ouvrage.

277. J'arrive au terme de ma course; que Von me permette de jeter un coup d'œil sur le long chemin ([ue je viens de parcourir.

Je m'étais proposé d'examiner les idées fondamen-

taies de notre esprit, considéré soit en lui-mêm e, soit dans ses rapports avec le monde.

278. Dans ses rapports avec les objets, notre esprit nous a présenté deux faits primitifs : l'intuition de l'étendue, et l'idée de l'être. Sur l'intuition de l'étendue repose toute la sensibilité objective; sur l'idée de l'être, tout l'ordre intellectuel par rapport aux idées indéterminées. De l'idée de l'être nous avons vu sortir les idées d'identité, de distinction, d'unité, de nombre, de durée, de temps, de simplicité, de composition , de fini , d'infini , de nécessaire, de contingent, de muable, d'immuable, de substance, d'accident, de cause, d'effet.

279. Dans l'ordre subjectif, nous trouvons comme faits de conscience, la sensibilité ou l'être sensitif (en comprenant dans cet être non-seulement la sensation, mais le sentiment), l'intelligence et la volonté ; (;e qui nous donne des idées intuitives de modes d'être déterminés et distincts des modes d'être des objets étendus.

280. Ainsi tous les éléments de notre esprit se réduisent aux idées intuitives d'étendue, de sensibilité, d'intelligence et de volonté, et aux idées indéterminées qui reposent sur l'idée de l'être.

281. De l'idée de l'être combinée avec celle du non être naît le principe de contradiction : ce principe ne nous donne par lui-même que des notions indéterminées. La science n'a d'objet réalisable que si l'être se présente avec une forme déterminée. Notre intuition en fournit deux : l'étendue et la conscience.

4ûi LIVRE X. — NÉCESSITÉ ET CAUSALITÉ.

282. La conscience nous offre trois modes d^être : sensibilité ou l'être sensitif, intelligence et volonté.

283. L'étendue, considérée dans sa pureté, comme nous l'imaginons dans l'espace, est la base de la géométrie.

284. Cette même étendue, modifiée de diverses manières et mise en rapport avec notre sensibilité, est la base de toutes les sciences naturelles ou qui ont pour objet le monde matériel.

285. L'intelligence est l'objet de l'idéologie et de la psycbologie.

286. La volonté, en tant que mue par des fins à accomplir, est l'objet des sciences morales.

287. L'idée de l'être engendre le principe de contradiction, et avec lui les idées générales et indéterminées dont la combinaison produit l'ontologie ; ces idées circulent dans toutes les sciences, comme un fluide vivifiant.

288. C'est ainsi que je conçois l'arbre des sciences humaines, dont je me proposais d'examiner les racines dans la Philosophie fondamentale.

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