CHAPITRE XII. — INTELLIGIBILITÉ IMMÉDIATE
l'absence de l'idée, la compréhension est impcissible. Donc, ridée féconde l'entendement, qui ne peut rien sans son secours. Donc, si nous admettons qu'un être puisse tenir le rôle de l'idée, dans un entendement, il nous faut supposer cet être actif, afin qu'il détermine l'opération intellectuelle, et, partant, le supposer supérieur à l'entendement qu'il excite.
Nous comprenons, de la sorte, pourquoi durant cette vie notre entendement n'est point, par luimême, intelligible pour lui-même. Son activité a besoin d'un stimulant; hvré à ses propres forces, il semble dormir. Ce manque d'activité de notre esprit, lorsque des influences excitantes ne le préviennent point, est un fait psychologique des plus constants.
Est-ce à dire que nous soyons privés de spontanéité, que nous ne puissions agir sans aucune cause extérieure déterminante? non, sans doute 5 mais seulement que la spontanéité elle-même ne se serait point développée, si notre activité n'eût été soumise antérieurement à l'action des causes excitantes qui l'ont tirée de son sommeil. Nous pouvons apprendre sans être enseignés, mais nous ne pourrions apprendre si renseignement n'eût présidé au développement primitif de notre intelHgence. Nous possédons beaucoup d'idées qui ne sont point des sensations, qui ne peuvent venir des sensations; mais il n'en est pas moins vrai qu'un homme privé de tous les sens ne pourrait penser , parce que son esprit manquerait d'impulsion.