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ni dans l'ordre idéal humain, la vente mère, le pnn : ptunique de toute vérité. Ilreste donc prouve qu h science transcendantale, proprement d te, est re
Cémenta nous, une cbimére. ^^^;Z
naissances doivent avoir un point d appm , ce pomi
(Vant^ui nous le cherchons. . „ i^
C éviter toute équivoque, je vais préciser la
. ' 1 ne s'agit point d'un premier principe, question. Il ne s agu i»"»- ^ ,
i Voyez \a noie XIV, à la fm du volume.
ment ne fait pas l'édifice, il le porte. Le principe que nous cherchons est un fondement. Celui des philosophes que nous avons combattu était une semence.
Ces deux images, semence et fondement^ expriment avec netteté ma pensée et caractérisent les différences qui nous séparent.
144. Toute connaissance, scientifique ou non , a-t-elle un point d'appui? Quel est-il, s'il existe? Est-il un ou multiple ?
11 est évident que ce point d'appui doit exister. Lorsqu'on nous demande le pourquoi d'une conviction, nous ne pouvons reculer à l'infini. L(î fait, la proposition, le point d'arrêt auquel nous sommes forcés de nous tenir, voilà la vérité première, le fondement de la certitude.
145. En partant d'un assentiment donné, peutêtre serons-nous amenés à reconnaître des principes divers, indépendants les uns des autres. Dans ce cas, le point d'appui de nos connaissances ne serait pas un, il serait multiple.
Qu'il soit possible de ramener toute science à un principe unique, on l'affirme ^ mais le prouve-t-on ? Puisque Fhomme ne trouve pas en lui-même la source de toute vérité (nous l'avons établi dans les chapitres précédents), les principes sur lesquels sa science repose doivent être empruntés au dehors. Principes multiples et divers peut-être. La question présente ne peut être résolue à priori. Il faut en appeler à l'observation.
1^. Notre esprit atteint la vérité ou du moins Vapparence de la vérité 5 c'est-à-dire qu'il produit des actes que nous nommons percevoir et sentir. U réalité correspond-elle à ces actes? Nous n'avons point à le rechercher maintenant -, la question qui nous occupe se trouve portée sur un terrain où les sceptiques eux-mêmes nous peuvent suivre. Ceux-ci, d'ailleurs, ne rejettent pas la perception et la sensation. S'ils nient la réalité, ils admettent Vapparence. 1 47. Il est plusieurs moyens de percevoir la vérité, de sorte que les vérités perçues appartiennent à des ordres divers, parallèles, pour ainsi dire, aux moyens de perception.
Ces moyens sont au nombre de trois : conscience, évidence, instinct intellectuel. Les vérités correspondantes sont : vérités de sens intime , vérités nécessaires, vérités de sens commun. Toutes choses qu'd faut distinguer avec soin, si l'on veut avoir des idées nettes et trouver le vrai, dans les questions relatives au premier principe de nos connaissances.
148. Le moyen que ]a\ nommé moyen de conscience, c'est-à-dire le sentiment intérieur de ce qui se passe en nous, de ce que nous éprouvons, est indépendant de tous les autres. Que l'on détruise l'évidence, que l'on détruise l'instinct intellectuel, la conscience reste. Pour sentir, pour être assurés que nous sentons et de ce que nous sentons, nous n'avons besoin que de l'expérience elle-même. S'il est possible de mettre en doute le principe de contradiction, j^ose affirmer qu'il ne l'est point d'ébranler la
certitude de la souffrance chez celui qui souffre, du plaisir chez celui qui jouit, de la pensée chez celui qui pense. Le sommeil ou la veille, le bon sens ou la folie n'ajoutent rien n'enlèvent rien au témoignage de la conscience. Ce témoignage est inébranlable, parce que l'acte ou l'impression qu'il atteste sont présents, au fond de notre âme, d'une manière intime, immédiate. Il peut y avoir erreur dans l'objet, non dans le phénomène. Le monomane qui croit compter son or se trompe, sans doute ^ mais il a conscience qu'il le compte^ en cela il ne peut se tromper. Un homme rêve qu'il est tombé entre les mains des voleurs; il se trompe sur le fait externe, non sur l'acte même par lequel il le croit.
La conscience ne relève d'aucun témoignage extrinsèque; la certitude qu'elle produit est absolue, irrésistible, infaillible, dans la sphère de son activité -, par le fait seul qu'elle est, elle témoigne d'elle-même. Pour elle, il n'y a point apparence et réalité , l'apparence est une réaUté. L'apparence est déjà une véritable conscience.
^49, Je comprends dans le témoignage de la conscience tout ce qui affecte le moi humain \ idées, sentiments, sensations, actes de la volonté, pniisées de toute sorte, en un mot tout ce dont nous pouvons dire : Je le sens.
150. Il est évident que les vérités de conscience relèvent de l'observation comine faits, msis ne se peuvent établir en propositions. Est-ce à dire que l'on ne puisse les énoncer? Non ; mais que, ])ar elles-
mêmes, elles sont en dehors de toute forme intellectuelle : simples éléments que l'intelligence coordonne et compare, mais qui ne donnent, isolément, aucune lumière -, qui se présentent tels qu'ils sont, mais ne représentent rien ^ faits primitifs, au delà desquels Vintelligence ne peut s'avancer.
151. S'il nous est si difficile de comprendre Tisolement dans lequel se trouve, par nature, tout ce qui est purement subjectif, nous le devons au mélange des opérations purement intellectuelles avec les simples faits d'expérience interne ou de conscience.
On veut faire abstraction de la réflexion, mais l'effort même par lequel on cherche à s'en affranchir la ramène. L'intelhgence est une flamme ; vous la comprimez d'un côté, elle se fait jour de l'autre-, le souffle qui veut l'éteindre la rend plus vive et plus intense. De là vient la difficulté de distinguer entre l'objectif pur et le subjectif pur, entre l'évidence et la conscience, entre connaître et sentir. Toutefois, observons ce qui se passe dans les animaux, peut-être cette observation nous fournira-t-elle quelque lumière. Les animaux ont, à leur façon, le sentiment de ce qu'ils éprouvent-, s'ils ne sont point de pures machines, il faut leur accorder la conscience, c'est-àdire la présence intime de leur sensation, ou leur refuser la sensation elle-même. Il n'y a point de sensation pour qui ne sent point qu'il sent. Mais l'animal ne réfléchit point sur les phénomènes inté rieurs -, il sent, voilà tout -, les sensations se succèdent, en lui, sans autre lien que l'unité de l'être qui les
éprouve. Elles ne deviennent point objet, c'est pourquoi il ne les combine ni ne les transforme, les laissant ce qu'elles sont, de simples faits. N'en serait-il pas ainsi, dans le moi humain, des faits de conscience, lorsqu'ils sont encore isolés et qu'ils n'ont point été soumis à l'activité réfléchie ?
Si nous n'avons une idée claire des faits de conscience, de la valeur du témoignage de la conscience, impossible de faire un pas dans la recherche du premier principe des connaissances humaines. La plus légère confusion, sur ce point, entraîne les plus graves erreurs -, nous aurons occasion de le remarquer dans la suite; déjà nos observations sur la philosophie du moi nous en ont fourni de déplorables ex(împles.
152. L'évidence, a-t-on coutume de dire, est une lumière intellectuelle. Métaphore ingénieuse, exacte même, si l'on veut ; mais on n'explique point par des métaphores les mystères de la philosophie. Il est des actes de conscience qui sont pareiUement une lumière pour l'esprit. Dans les opérations, dans les impressions intimes, n'y a-t-il point comme une sorte d'illumination claire et vive, qui frappe l'œil del'àme et le force à voir ce qui s'offre à lui? Définir l'évidence la lumière de l'entendement , c'est la confondre avec la conscience, ou, par l'ambiguité de termes, c'est donner occasion de la confondre.
Il faut en convenir, toutefois ; lorsque nous voulons exprimer la nature de l'évidence et ses effets sur l'esprit, l'idée de lumière éclairant les objets et les offrant à la contemplation de l'âme se présente à nous
l\S LIVRE I. — DE LA CERTITUDE.
sur-le-champ. Mais, je le répète, cela ne suffit point. Sans prétendre à la définir, cherchons un caractère qui la distingue de tout ce qui n'est pas elle.
153. Les vérités attestées par l'évidence sont nécessairess, et par conséquent universelles. Nécessité, universalité, voilà les propriétés essentielles de l'évidence. Un fait contingent ne comporte point l'évidence, à moins qu'il ne soit soumis à un principe de
nécessité.
Je vais expliquer cette doctrine par des exemples empruntés alternativement à l'évidence et au sens
intime.
Qu'il y ait en moi une substance pensante, je le sais non par évidence, mais par conscience. Que ce qui pense existe, je ne le sais point par conscience, mais par évidence. Dans les deux cas, le certitude est absolue, irrésistible-, mais dans le premier, elle s'exerce sur un fait particulier, contingent -, dans le second sur une vérité universelle et nécessaire. Il est certain pour moi que je pense-, il ne suit pas invinciblement que cela soit certain pour autrui. Je puis cesser de penser, rien ne sera changé dans le monde de>s intelligences -, que ma pensée retombe dans le néant, la vérité en elle-même n'en souffrira pas-, d'autres intelhgences continueront à percevoir le vrai. Ni Tordre idéal, ni Tordra réel ne seront
troublés.
Je me demande si je pense , et j'entends au fond de mon àme une réponse affirmative -, je me demande si ma pensée est nécessaire d'une manière absolue,
et l'expérience me répond par une négation : je ne trouve nul motif sur lequel établir cette nécessité. Même en supposant l'annihilation de ma propi'e intel ligence, je ne cesse point de raisonner. Ainsi, j'examine ce qui serait advenu si je n'avais point reçu l'être ^ ce qui pourrait advenir si je le perdais-, j'établis des principes, je tire des conséquences sans bri-r ser aucune des lois de l'ordre intellectuel. Le monde réel et le monde idéal sont pour moi comme un magnifique spectacle, auquel il est certain que j assiste, mais d'où je puis me retirer sans arrêter la représentation, sans qu'il y ait d'autre changement que le vide laissé à la place imperceptible que j'occupe. Il en est bien autrement des vérités qui sont objet d'évidence. Est-il nécessaire que je pense? Non , mais il est nécessaire , d'une manière absolue, que ce qui pense existe, et je ne saurais, même un instant, faire abstraction de cette nécessité. Que si (supposition absurde) je supprime le rapport entre la pensée et l'être, le lien qui maintient l'ordre et l'harmonie dans l'univers se brise aussitôt -, tout est bouleversé, confondu, et ce qui s'offre à moi, je ne sais si c'est le néant ou le chaos. Pourquoi ce bouleversement et ces ruines? par cela seul que l'entendement adnaet un fait contradictoire, en affirmant une pensée à laquelle il refuse l'existence. Une loi universelle, nécessaire, absolue, a été violée, tout s'est écroulé^ la certitude de l'existence du mo2, certitude fondée sur le témoignage de la conscience, ne saurait réparer ce désordre. En admettant une contradiction, l'intelligeBce
s'est suicidée -, sa parole insensée a engendré le néant ; les ténèbres que le souffle de cette parole a répandues sur tout ce qui est, sur tout ce qui peut être, retombent en noirs tourbillons sur elle, et l'enveloppent d'une éternelle nuit.
154. Voilà les caractères de la conscience et de l'évidence définis et fixés. La première a pour objet l'individuel et le contingent -, la seconde, l'universel et le nécessaire. La conscience et l'évidence ne peuvent être et ne sont identiques qu'en Dieu seul, source de toute vérité, principe universel et absolu de l'être et du connaître. Dieu voit la raison de toutes les essences, la raison de tout ce qui est, dans son être infini qui contient toutes cboses ; Dieu ne peut faire abstraction de lui-même et du témoignage de sa conscience. Que resterait-il du monde, demandé-je à la créature, si tu cessais d'être? — Tout, excepté moi. — Mais si Dieu cessait d'exister, que resteraitil? — Bien.
15S. J'ai donné le nom d'instinct intellectuel à cette inclination spontanée qui , dans la pratique de la vie, détermine la certitude indépendamment du témoignage de la conscience ou de l'évidence. On désigne à un archer un but à peine visible -, il doit , les yeux bandés, lancer une flèche au hasard, après avoir perdu jusqu'au souvenir de la direction dans laquelle ce but se trouve placé. Impossible de l'atteindre, dira-t-il -, et les raisonnements les plus captieux n' ébranleront pas sa conviction. A-t-il, avant de répondre, consulté le témoignage de la conscience?
Non , car il s'agit d'un fait extérieur. Invc»que-t-il l'évidence? Non, car l'évidence implique dans son objet quelque chose de nécessaire -, et nulle impossibilité nécessaire n'empêche la flèche d'atteindre le but proposé. Sur quoi donc s'appuie l'invincible conviction de l'archer ? Ni la conscience n'intervient , ni l'évidence immédiate ou médiate n'est invoquée : elle a donc pour origine la force intérieure que je nomme instinct intellectuel^ qu'on l'appelle sens commun, il ne m'importe, pourvu que le fait soit reconnu. Il entrait dans les vues du Créateur que l'homme pût être raisonnable , même avant de raisonner-, qu'il pût se conduire avec prudemîe, même alors que le temps lui manque d'examiner les raisons d'être prudent.
156. Cet instinct de l'intelligence s'applique à tout un ordre de faits très-nombreux et très-divers-, il est à la fois et le guide et le boucher de la raison -, le guide, car il la précède et lui montre le chemin du vrai-, le bouclier, car il la met à couvert de ses propres subtilités, en forçant le sophisme à se taire devant le sens commun.
157. C'est en vertu de cet instinct que l'autorité du témoignage des hommes entraîne notre assentiment -, et l'on sait combien cet assentiment importe, tant à l'individu qu'à la société. L'homme croit à l'homme, il croit au témoignage avant d'avoir réfléchi sur les motifs de sa foi ^ peu étudient les motifs d'y croire, et la foi est universelle.
Observez qu'il ne s'agit point ici de savoir si l'in-
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stinct intellectuel nous trompe quelquefois, dans quel cas il nous trompe, et pourquoi. Je ne prétends quqne chose, constater son existence. Mais que Ton me permette cette seule remarque : une règle participe toujours de celui qui l'applique, et l'homme est faillible j vous ne sauriez trouver en lui le bien sans mélange, et vous y cherchez la vérité sans mélange.
158. Nous n'objectivons les sensations qu'en vertu d'un instinct irrésistible. Rien de plus certain, rien de plus évident aux yeux de la philosophie que la subjectivité des sensations -, les sensations sont des phénomènes immanents, phénomènes intimes qui ne vont point hors de nous. Et cependant, tout homme, le genre humain tout entier, conclut du subjectif à l'objectif, de l'interne à l'externe, du phénomène à la réalité. Nous, franchissons un abîme à notre insu. Lorsque les plus éminents philosophes ont épuisé leur génie à la recherche du gué qui réunit les deux rives, lorsque les plus vigoureux esprits, à bout d'efforts, ont dit résolument : Il n'existe pas, serait-il donné au commun des hommes de le découvrir au début de la vie? Non, le raisonnement n'a rien à voir ici. Donc, il existe un instinct en vertu duquel nous croyons, d'une certitude invincible, à la vérité de certaines propositions inaccessibles à la philosophie. 1S9. Est-il raisonnable, lorsqu'on veut étudier r homme, d'isoler ses facultés, de mutiler, de défigurer l'esprit pour apprendre à le connaître? SU est un fait, un principe fondamental en psychologie,