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CHAPITRE XVIII. — PRINCIPE DE DESCARTES

tude de ses connaissances. S'il se propose de tout soumettre à Texamen, il ne peut réserver aucune vérité^ en excepter une seule serait anéantir le principe. Il n'en excepte donc aucune -, que dis-je ? il suppose qu'il ne sait rien. Ou cette question i)hilosophique est une puérilité (et cependant on la trouve posée dans toutes les philosophies), ou la méthode de Descartes est la seule.

Mais ce doute est-il nécessairement réel et vrai ? Qui l'oserait dire? Le doute absolu est une impossibilité absolue-, soyez philosophe, vous n'en resterez pas moins homme ^ on ne peut changer la nature.

173. Ce doute est une supposition^ une fiction^ rien de plus -, il n'a de valeur réelle que par un sous-entendv. Il sert à découvrir la vérité première, c'est-àdire le point de départ de notre entendement ^ nul besoin pour cela d'un doute positif; on arrive au même résultat en disant : Je suppose.

Exemple : Tout géomètre sait que, dans un triangle, le plus grand angle est opposé au plus grand côté; la certitude qu'il a de la vérité du théorème est absolue. Toutefois, s'il veut le démontrer, il fait abstraction de cette certitude et chercher à prouver qu'on la peut établir.

Méthode d'une appUcation constante dans l'enseignement des sciences. Qui ne connaît cette façon de parler : a II est ainsi -, mais supposons qu(i cela ne soit point, qu'arrivera-t-il? » L'argument od ahsurdum^ si fréquemment employé, surtout en raathématiques, n'est pas autre chose. (( Si la ligne A n'est

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point égale, à \^ ligne B, ell. sera plus grande ou plus petite-, supposons qu'elle soit plus grande etc.» Ainsi! pou; trouver la vérité, bou« faisons abstraction de ce que nous savons, allant jusqu'à supposer le contraire de c* que noussav^B.. Q«e Ion appUque^ cetslème à la rechercha du principe îondaniental de nos connaissances, il en résulter, le douteu.u, versel de Descartes, dans le s.ul sens ad«.mble au Iribunal de la raison-, dans le se«l sens possible a V humaine nature.

Les expressions que Hllustre penseur emploie sont ambiguës, j'en conviens-, mais sa penseene l est pav, Te pSande cl.rté dans, les formules aurait ev.te

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doute -t-il un d;,ute réel, effe.if, on seulement «ne supposition ? » Tout est la.

Le philosophe français est venu seheurter al ecue U contre queîla plupart des réformateurs se bnsen . )om n s par leur idée, ils l'expriment avec une telle éneTgi quelle .emble «'admettre aucune modificaion Tout en eux, est exclusif, absolu -, ils prévoient lutte 'est pou;quoi ils concentrent leurs forces sur mie qu'il! veulent faire triompher, négligeant ou elu'est pas cette idée-, on aurait tor decon- 1 e qi?îs n'en ont point d'autres qui modifient no-

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Ublement , quelquefois , l'idée principale, k leurs adversaires qui disent : u Cela est abtsoluweni ff^ux,»i ils répondent : « Cela est vrai d'une manière absolue. )) Ei^agération pouy exagération. N'est-ce point là l'instairede toutes nos querelles?

Descartes voulait ruiner la philosophie de soi^ temps -, c'était en lui 1 idée dominante -, mais le coup d'épaule de ce fojrmiçiab.le lutteur ébranlait le monde. Avec quel dédain il s'exprime sur les hommeSf qui portei[\t le nom de philosophes ! a L'expérience enseigne que ceux qui font professiqn de philosophie sont le plus souvent moins raisonnables et moins sages que le vulgaire qui n'eut jamais connaissance de cette sorte d'études. » (Préface des Principes de la PhU.)

175. i^econde partie de la méthode de Descartes: l'homme dqit prei;id^*e sa pensée pour point de dé-r part \ le doute universel s'arrête devant la conscience de notre propre existence. L'existence, voilà le phé-. nomène que le penseur retrouve toujours au fond de son être, inébralable et debout. L'hoqime ne peut douter qu'il doute, c'est-à-dire douter de sa propre pensée. C'était l'argnment employé contre hîs. sceptiques. Constater l'existence d'une certitude à Tabri des sophismes, à savoir la conscience de soi-inèçne : la méthode 4e Descartes n'est pas autre chose.

Lorsqu'il disait : « Je pense, » il n'entendait point seulement la pensée prise en un seus purement intellectuçjl, lîjiais tout acte interne, tout phéiaornène présent à l'aime d'une manière immédiate. « Par le

Ua UVRE I.- DE LA CERTITODE.

. ,^ dit-il Ventends tout ce qui se passe en mot penser, dit ii, J nercevons immèdia-

nous, dételle sorte que ««- ^^/;;; J^^- ne

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OU, si 1 on veui, u v |.. part., page 9.)

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