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CHAPITRE XX. — PRINCIPE DE CONTRADICT. KANT

classent nos jugements sous deux chefs, selon que l'attribut est ou n'est pas contenu dans l'idée du sujet, et nomment per se noiœ les propositiions de la première espèce, parce que le sens des termes fait voir que l'attribut est contenu dans l'idée ou dans la conception du sujet. Ils leur donnent également le nom de premiers principes. La perception de ces principes estexprimée parle mot intelligence {intellect tus) et se trouve ainsi distinguée de la raison^ en tant que celle-ci s'exerce sur les connaissances d'une évidence médiate ou de raisonnement.

Que l'on nous dise ce que laissent à désirer, pour la précision, pour la clarté, les textes suivants de saint Thomas : a Une proposition est connue par ellemême, per se nota, lorsque l'attribut est contenu dans la raison du sujet, comme, par exemple, l'homme est un animal, l'attribut animal étant essentiel à l'homme. Si donc le sujet et l'attribut sont universellement connus, la proposition sera connue par elle-même ; il en est ainsi des premiers principes dans les démonstrations dont les termes sont parfaitement compris ^ par exemple, être et n'être pas, le tout et la partie. » (^^ partie, quest. 2, art. 1". )

« Toute proposition dans laquelle l'attribut appartient à l'essence du sujet est connue par elle-même, à la condition toutefois que le sujet soit connu. Ainsi cette proposition : u L'homme est raisonnable, » est une proposition connue par elle-même . l'attribut raisonnable étant essentiel à l'homme. >. (1* 2* quest. 94, art. 2.)

192. On voit par ces exemples (et il serait facile de les multiplier) que plusieurs siècles avant la découverte du philosophe de Kœnigsberg la distinction entre les jugements analytiques et les jugements synthétiques était parfaitement connue. On nommait analytiques les jugements formés en vertu d'une évidence immédiate, et synthétiques ceux qui résultaient d'une évidence médiate -, que cette évidence appartînt à l'ordre purement idéal, ou qu'elle relevât de l'expérience.

L'attribut, dans les jugements analytiques, est déjà dans le sujet-, il n'ajoute rien au sujet, mais il l'exphque. Théorie de Kant.

L'attribut raisonnable est essentiel à l'homme. Théorie de saint Thomas. Où donc est la différence? % 193. Mais revenons à notre question. La formule du principe de contradiction doit-elle être changée.

La première observation de Kant porte sur le mot impossible-^ il le juge inutile, parce que la certitude apodictique doit être comprise dans la proposition même. Voici comment il formule son principe : « Un attribut qui j-èpugne à un sujet ne convient point à ce sujet. » Qu'entend-on par le mot impossible? (( Possible et impossible, dans le sens absolu, se disent : possible, lorsque l'attribut ne répugne point au sujet-, impossible, lorsqu'il lui répugne; )> ainsi s'exprime S. Thomas (Impart., quest. 25, art. 3), et toutes les écoles avec lui ; donc l'impossibilité est la répugnance de l'attribut pour le sujet ^ donc être

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