‹ Philosophie fondamentale [microform]Chapitre 90 sur 607 · CHAPITRE XX. — PRINCIPE DE CONTRADICT. KANT · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX. — PRINCIPE DE CONTRADICT. KANT

dée de cette chose, et qu'ensuite elle unit à ce même attribut son contraire , ce qui ne donne jamais une contradiction avec le sujet, mais seulement avec l'attribut qui lui est uni d'une manière synthétique-, contradiction qui n'a Heu qu'en tant que le premier et le second attribut sont compris dans le temps. Si je dis: Un homme qui est ignorant n'est pas instruit, la simultanéité doit être exprimée, parce que; celui qui est ignorant en un temps peut être instruit dans un autre. Mais si je dis : Nul homme ignorant n'est instruit, la proposition sera analytique, parce que le caractère de l'ignorance constitue l'idée du sujet, dans lequel cas la proposition négative émane immédiatement de la proposition contradictoire, sans que la condition en même temps doive intervenir. Voilà pourquoi j'ai changé la formule du principe de contradiction, voulant qu'elle exprimât d'une manière claire une proposition analytique. » [Logique iranscendantale^ hv. 2, ch. 2, section l'•^ )

190. Pour rendre intelligible ce passage assez obscur, je vais essayer d'expliquer ce que le philosophe entend par propositions analytiques synthétiques. Dans tout jugement affirmatif, le rapport de l'attribut avec le sujet est possible de deux manières : 1° l'attribut est contenu dans le sujet et lui appartient à ce titrer "t bien que lié au sujet, il lui est complètement étranger. Analytique dans le premier cas, le jugement est synthétique dans le second. Analytique affirmatif si l'union de l'attribut avec le sujet est conçue par identité^ synthétique, si cette union

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est conçue sans identité. Kant éclaircit son idée par les exemples suivants : a Lorsque je dis : Tous les corps sont étendus, j'exprime un jugement analytique, car je n'ai pas besoin de sortir de l'idée de corps pour trouver Tattribut étendu -, il me suffit de la décomposer, c'est-à-dire d'avoir conscience de ce qu'elle contient. Au contraire, dans cette proposition : (( Tous les corps sont pesants, » l'attribut est une cbose entièrement distincte de ce que je conçois par l'idée simple de corps. Unir un attribut de ce genre avec le sujet, c'est former un jugement synthétique. » (Critique de la raison piu^e y page 1.)

Le pourquoi de la nomenclature nouvelle adoptée par le philosophe allemand est facile à comprendre ; il nomme analytiques les jugements dans lesquels le sujet contient l'attribut^ attribut que l'on découvre dans le sujet par l'analyse, sans rien ajouter qui n'ait été pensé déjà dans la compréhensioh même du sujet, au moins d'une manière confuse-, il nomme synthétiques ou composés ceux dans lesquels il faut ajouter à l'idée du sujet, parce que l'attribut ne se trouve point dans cette idée, à quelque degré qu'on l'analyse.

191. Cette division en jugements analytiques et synthétiques est très-vantée dans la philosophie moderne, surtout parmi les Allemands^ on l'admire-, on en fait honneur à l'auteur de la Critique de la raison pure. Or, elle se trouve clairement exposée dans ces scolastiques si dédaignés qui gisent, couverts de poussière, au fond de nos bibliothèques. Ceux-ci

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