CHAPITRE XXI. — DU PRINCIPE DE CONTRADICTION
l'intelligence est un chaos; la raison se trouble, le langage devient absurde, le sujet et l'objet se heurtent au sein des ténèbres -, toute lumière intellectuelle est pour jamais éteinte. C'est la ruine universelle des principes -, la conscience elle-même vacillerait sur sa base immuable, si, pendant qu'elle se hvre à cette supposition impossible, elle n'était soutenue ])ar l'invincible main de la nature. La conscience ne périt point parce qu'elle est immortelle -, mais elle se sent entraînée par ce tourbillon qui roule et confond toutes choses. En vain s'efforce-t-elle de ccmserver ses idées, la force de la contradiction les anéantit ; elles ne renaissent, elles ne se succèdent que pour disparaître aussitôt. La conscience ne peut périr, disons-nous, mais elle n'existe bientôt plus que par le sentiment de l'impossibilité radicale où elle est de penser ; et , seule désormais dans l'intelligence dévastée, la contradiction règne, broyant sous son sceptre de fer tout ce qui veut y germer.