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CHAPITRE IX

De V acte leplus pur de t esprit» — Exercice 4^ V intelligence.

% JL'esprit humain, qu'il ne faut pas confondre avec Ttee Itiunaiiiet étant le produit du dévelopfMement des deux substances qui constituent l'houune, participe

nécessairement à la nature dç chacune. II tient à la fois de ràane et du corps; et de là ses cUyjers degrés, suivant l'in- AiciMe prépondérante de Tune «u de l'aulre, à savoir ; Tesprit UilSârtettr, posé par la uatui» pbjrsîque aous l'ipr fluenee des agents qui lui sont analogues et dont la onni^ festatioa la plus brillante est V imagination ; l'esprit supérieur, posé par le déveioppeinent de la nature psychique dont la prenière puissance est VinteUigence; et enfin i'esprit<«ioyen ou Buxle, qui résulte de l'équilibre des' deux»

ou la raiêon. Llnlelligenoe et la raison sont donc des hcuhé» distinctes de l'esprit humain.

§ 154. L'intelligence est le rayonnement lumineux de l'âme, pénétrée et fécondée par la lumière divine. £lle établit autour de l'âme comme une auréole et détermine sa forme spirituelle, Venêendement pur, par lequel l'homme peut communiquer immédiatement avec le monde inlelligible, avec la Sagesse divine. L'Être dans sa triple manifestation çn Bonté, Vérité et Beauté , les idéaux et les idées , tels sont les objets de rinidligencew Les ol^cls naturels de la raison, qui a été souvent confondue ayec l'intelligence sous le nom de raison supérieure ou de faculté de l'absolu, sont les phénomènes ou les images des choses, les faits de hi consdenoe, les notions abstraites et les signes qui les eipriment. La raison , proprement dite, ne peut juger de ce qui est universel.

§ 155. L'intelligence et la raison diffèrent notablement par leur manière d'opérer. L'acte de l'intelligence est simple comme l'âme dont il émane; c'est le regard de l'âme percevant ou appréhendant la vérité instantanément et aussi sii)i[>lement qu'il es^l possible, c'est la vision pure : on l'appelle contemplation. L'acte de la raison , au contraire, ou la pensée, èst toujours complexe, successif, fractionné. Elle part de données conthigentes, de phénomènes, défaits, d'observations qu'elle compare pour en faire 'ressortir les rapports. Elle abstrait laborieusement, elle induit et déduit avec effort, et sa plus haute opération, le raisonnement, est le signe de son imperfection , puisqu'il procède lentement du connu à 4'inconnu , empruntant le secours des moyens-termes pour unir les exlrèiues dont le

rap(>ort n'est point immédkitement aaisi. La raison est à

rinlclligence coQime le temps a Téternité.

S 1Ô6. Les produits de ces facultés sont divers comme leurs actes. D'un coté ce sont les idée4, tjpes ou reflets dans Tentendenient 4e ce qui est, des choses véritables et ' étemelles agissant sur l'âme hiAnaine au moyen de la lumière intelligible. Les idées sont pour la science ce que les idéaux, qu'elles représentent, sont pour les existences réelles, principes, bases radicales, plastiques pures: £Ues se produisent en nous avec une certitude absolue, fruit de l'évidence la plus complète ou du sentiment le plus intime. C'est la certitude métaphysique. De l'autre côté, ce sont les notions abstraites et les opinions, systèmes et théories qui en proviennent; partie contingente et variable de la connaissance, toujours relative aux fiiits', à Tobservaiiûji dus laits OU aux principes dv. I;i démonstration.

§107. L'iiUeiligence est plus ou moins pure, plus ou moins lumineuse^ selon les objets vers lesquels Tbomme tourne habituellement son regard et son amour. Elle est toujours le rayon visuel de Tftme, et comme tel, l'instnimeut nécessaire de toute science et de toute cumiaissancc. Mais ce rayon se dirige d'abord par les sens et leurs organes vers les objets sensibles, vers le' monde des corps où l'homme vît de la vie animale. Plus tard l'homme se replie sur lui-même et se crée en lui uu uioiidc spirituel ou il yit de la vie réilcxive, en être raisonnable. Plus tard encore, il abandonne de gré ou de force le monde lactice de sa raison propre; et heureux alors s'il s'élève vers la lumière intelfigible , pour redevenir par elle plus purement intelligent! Les théories platoniciennes de la rémi-

niscênee et de la purifioation eirpriineiit le retour de l'Âme

aux idces, ou le dt-toiirnemcnL de so!i l egaidtles choses qui passent, pour le diriger Ters celles qui ne passent point. Ces! la traoshîoa de la tiaon ovgaakpie à ia oontemplatiofi.

$ 168. Lintelligenoe Mtt dans renftm à la première réaction de son âme vers «ne influence analogue à sa nature. C'est par ia parole que cette iailueace lui arrive , et ■on déTeloppe»eitt iDMihotad ett «n ni^ qui le pénètre. Si cette parole est purameot buiBahie^ par^ tant des sens, de rimagination , de ia raison, de la yolonté propre, i'àme en sera faiblement actionnée, pénélrce; et alors sa réaction sera superfiûeHe, son r^gfard ne partira point du Ibnd, Hiitelligeiiee sera peu vmiite à soa origine. Mua ei b parole vlentdefâme, s'il j a du divin en elle, si die annonce avec foi le nom sacré de Dieu, alors Dieu lui<4ttéinc agit médiatenient sur l'àme de l'enianty et par sa lumière déreloppe dans rentendement te ^eme de i% dée univeréelte de fÉlre. Cette lumière du cid éobaufie le ooBur, excite et nourrît l'inCelKgence, facilUe le déreloppement inlollecluel et nioial, et produit dans i'eiifant les vertus propres à son âge et à son degré, le tout en raison de son adhésion ou de sa foi simple à 4a parole qu'il reçoit* La Ibi est le signe caraelëristîque dn développement de l'iiilelligenoc dans le j)remier âge.

§ ld9. L'apparition de la conscience morale est un nouveau symptôme du développement de IHntelligence. L'en- <ant ne distingue le bien et le mal » le juste cl l'injuste, que lorsqu'il reoonnatt l'autorité d'une loi, devant régler ses actions cuiunie celles de Bçs semblables et a laquelie dans

son for inléricur il se sent obligé d'obéir. Or la loi étaiil le rapport^du supérieur à rinférieur , et Dieu seul étant ie supérieur naturel de l'homme , celui qui admet et obcerre ta loi morale eftt par le feil en rapport atec Dieu. H reçoit l'aclion de Dieu en lui et réagit vers cette action, inatîiio* tivemeni d*abord, puis avec conscience. Ainsi se forme dans rhoamie Tidée du bien et de la justice, idée universdle, néœsflaire» alMohie, fondement de ta raison morale et mesure des actes et des jugements moraux.

% Dans l'adolescent, le signe caractéristique de Hnteliigence est le sentiment et le goût du beau idéal. Il chcrcbe partout hors de lui, daos la nature et dans ses eemi>lahle8 , la réaiisatioa de cet idéal , qui devient k mesure prépondérante de Ses jugements. Ce i|Ut distingue Tado* lescence où l'intelligence domine, de celle qui est sous l'inilucncc des sens et du oorps^ c'est la ditlërencc de l'amour idéal à la ooncupisoence (Àamelle. Lldée du beau se présente aussi aveo le caractère de Tuniversel et de llnfim; car elle est une foitne de Tidée de TÉtre, TÊtre Lui-même ou le Bien souverain , la Vérité absolue, se réfléchissant dans le miroir de rimagination humaine.

^ 161. Lliomm s'aperçoit bientôt que ta beauté phtisique est passagère, et que la beauté inlelligibie ne se montre à lui que par instants. C'est que le goût du beau n'est qu'un moyen transitoire pour réveiller le goût du vrai. Aussi le jeune homme et Thomme fait, suivent l*im* pulsion de rin«elligence, ne trouvant rien dans le monde qui puisse leur donner des jouissances durables et satisfaire au besoin (Il l infini qui dévore leiu àme, s'élèvent au-dessus de ce monde, et rédament, outre la beauté pour

les sens et imagination , l'équité pour Is raison, la vérité pour rinlelligcncc. L'homme à ce degré est saisi par l'idéal

du vrai , transporté par l'amour de la science. L'Etre lui apparaît comme la Térilé une et absolue; il llnToque , le diercfae, l'adore sous celte forme* La Vérité devient Tobjct de son amour et de son culte.

S 162. L'intelligence, quand elle va jusqu'à réaliser par l'action ou par l'expression la vérité perçue , produit les deux qualités les plus éminentes de Tesprit humain, le laient et le génie. Le talent est une certaine manière de dire ou de faire , avec le sentiment de ce qui convient le mieux. 11 est naturel ou acquis. Le premier est le fruit d'une disposition innée, provenant de nplre nature et de noire organisation ; il a quelque diose dlnstinctif , et par conséquent de naYf. Le second est cette, même disposition développée, perfectionnée par l'étude et par l'exercice, ce qui donne VarL Le génie est plus que le talent : c'est la puissance la plus haute de Tintelligenoe ; il suppose une lumière supérieure qui éclaire et féconde l'esprit; la puissance d'apercevoii- ridcal (lans cette lumière et d'en concevoir l'iilée, et enfin une inspiration qui le presse de réaliser ce qu il a conçu. Le génie est le flambeau de la science et du progrès de l'humanité.

S 163. La Vérité est l'objet propre de l'intelligence ; c'est par sa lumière pure et universelle que l'intelligence se développe et monte à son apogée, la contemplation et la manifestation du vrai par la science et par TarL Mais l'homme n'est pas seulement hit pour connaître et admirer, il est créé surtout pour aimer; et ainsi le développement de son intelligence dpit amener le développement de son âme; la

vérité doit !e conduire à la bonté, la science à l'amour. Il ne doit devenir plus éclairé que pour devenir meilleur. Cest dans le souverain Bien et par l'amour que se consomme son perfectionnement intellectuel; car dans Punivers le mi est l'expression du bien et le beau la splendeur du vrai. La vie de l'âme par la charité, telle que Jésus- Christ Ta enseignée à la terre par le précepte et par l'exemple, et dans cette vie Tunion de Thomme avec Dieu et des bommes entre .eux: voilà la destination finale de Thumanité', la mesure de ses travaux et le but de ses efforts.

FIN DU vBOxiàui vounu..

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