CHAPITRE m De l'acte le plas complexe de la Baisan
S 144« Dès que hi iUison possède les éléments du langage articulé, si élle contmue è recevoir la parole d'in*
struction qui la stimule et iu dirige, clic peut s'élever à sa plus baute puissance et accomplir sa ibnctiou la plus compliquée, ceUe qui comprend toutes lea autres, le raisomne»
meni* Il apparent à I9 Logique d'mpUqufir en détail les 4\y&fweê opérationa de b r^koRi ou b fonction de ratsonneir
80US toutes les formes qu'elle peut revêtir. Le but de cette science, tlaiis l'cxpo^iLion cies conditions et des lois de l'cKerçice régulier de t^^ raison, est de former l'esprit à fvoaet. et à parkr eiaolemeot La Pajrchoiogie expéri^ mentale se borne à constater par Tobsenration les faits vaLiunnels, en tant qu'ils sont des modes distincts de Tac tivit^ de l'esprit buoiaia : elle (î»it une &tattsli(|viç io(eUeotuelle.
$ 145. La pensée est l'acte essentiel de la rai^n. Penser c^est perceroir des rapports, et l'esprit ne eberche les rapports que pour 6àWiv un ensemble, pour embrasser les parties dans un tout, pour voir la multiplicité dans l'unilé. Le but 4e ce travail de la raison est de connaître la vérité des ^ofifs dont elle peut juger; en d'auirea termes de s'expliquer à elle-même et aux antres le monde où die est placée et les existences (ju il contient. Elle cherche donc trois choses dans la multiplicité des phénomènes et des faits : 1** des rapports, 2^ un ensemble ou la réductioadii multiple à l'nnilé, 3* les lois suivant lesquelles le multiple sort de l'unité et s'y laisse ramener.
§ 146. Les rapports sont perçus et aftirmés par le jugement. Quand Iç jugement porte seulement sur ^eux termes» le rapport est simple ou partîcnlier : c'est la ligne droite iinissant àm points. Lorsque le jugement concerne un grand nombre d'objets, l'esprit parvient à la perception du rapport par des opérations plus difticiles et plus compliquées! ValfJtiraction et la généralisation» Abstraire, c'est considérer une partie séparément du tout auquel elle
appartient, une qualité sans sa substanoe, un eflbt sans sa cause, une conséquence sans son principe, une existence
sans ses relations, un élément sans son composé, etc. La faculté d'abstraire est très utile a h raison, au inilieu de la multitude d'objets qui l'entourent et à cause de la corn- ' plexité des dioses; car la raison ne connaît bien que ce qu'elle a vu successiTemenl et par parties* L'abstraction peut aussi lui devenir funeste, par la facilité qu'elle lui donne d'envisager les choses sous une seule face , d'une numière cxdusiTe» et dans le point de vue particulier de sa position et de sa convenance.
§ 147. La généralitaiion est Topération de l'esprit, qui réduit les individus en espèces et les espèces en genres. Le genre et l'espèce diffèrent par le degré de leur compréhensian et de leur extension, c'est-à-dire par la collection des qualités comprises sous le térme général et par le nombre des objets auxquels il s'applique. îl y a deux manières de fjéneraliscr : P â priori , à l'instar de la iiaLure qui dans la génération et le développement des choses, va toujours des antécédents aux conséquents, ce qui suppose dans la raison humaine la connaissance préalable de principes supérieurs ou de données transcendantes; 2" à posteriori , d'après Tobservation des faits et en prenant pour bases leurs caractères les plus importants. C'est la méthode suivie presque exclusivement dans les sciences modernes.
§ 148. Les propositions générales, basées sur Vidée, donnent à la connaissance buaiainu quelque chose de nécessaire, d'universel, d'absolu. Elles ne se forment point par un travail lent de la raison, à force d'observation , d'abstraction et d'induction. Ejles se défdoppent sponta-
nément dans l'esprit de l'homme aussitôt qu'il entend les noms (|ui les reprcsciii( nt et à la première apercepiiuii des faits qui s'^ rapportent. Ce développement» obscur à son origine comme toul développement naturel, mais se posant de prime abord STeo assurance, s'édaircit, se fortifie et se complète par Texpérience et par Tinstruction. Tels sont les jugements sur le bien et le mal moral , le juste et rinjuste, le vrai et le faux, le beau etlekid; telles sont les propositions axiomatiques qui énoncent les lois de la raison.
§ 149. Les généralités à posteriori ou les iwliojis générales se font par un procédé propre à la raison humaine et qui n'a point de modèle dans la nature. C'est la méthode d'induction et de STuthèse, par laquelle la notion est composée peu à peu au moyen d'observations et de comparaisons successives. L'iiulucLiou part des iaits et aboutit à une abstraction, à un être do raison , c'est-à-dire à un terme général qui doit signifier et représenter ce qu'il j a de commun dans les choses observées. Le caractère de ces généralités, c^est d'être toujours relatives, contingentes, bvpolhéliques. Exlraites des faits, elles ne valent que pour les faits connus ; elles ont une portée purement empirique. Aussi les doctrines qui les prennent pour base, n'ont ni unité, ni fixité.
§ 150. Quand la raison a acquis des idées et des notions générales , elle les emploie de deux manières : t*' Elle groupe les faits et les détails autour d'une idée ou d'une notion , comme autour d'un centre, rattachant les parties à une totalité, embrassant la multiplicité dans une unité, afin de mettre de Tordre dans sa connaissance : ce qui s ap-
pelle srstémaiiser, synikéser^ ^ les làéet ou notions étant posée? comme prémisses ou principes, elle en presse le développement pour en faire sortir les idées ou les notions subordonnées, qui Toni à leur tour «e résoudre dans tes fiiits à expliquer; œ qut- s'appelle déduire ou anafyâet. Induire et déduire, synthéser et analyser, tels sont les deux mouvements pi iiicipaux du procédé vital de la raison, et par conséquent les deux méthodes de k pensée et du discours.
§ 151. Dans ses constructions comme dans ses déductions, Ifc travail de la raison n'est légitime et fructueux, qu'autant qu'elle opère contormcmcnt aux lois de la nature, c'est-à-dire si elle reproduit par sa synthèse Tordre même dans lequel les cboses existent dans la réalilé, ou si €!1e suH dans son analyse la manière dont tes enstenees se développent objectivement. L;i rnisoii Inniiainc n'a point en elle-mcuie le cnlériutu de la vérité: il lui est donné de plus haut, et Texpérience seule peut montiwr si elle le possède et si die Ta bien appliqué. Cest par la pratique «qne s'éprouvent tes systèmes et les ralsonnemenis, comme l'arbre se juge [Kir ses fruits; dans les choses religieuses et morales, par la conscience et par les actes; dans les choses naturelles par le sens commun «t par Ihitilité; dans les ans par le goût et le sentiment du beau ; dans rinstituiîoa sociale par le bien-être ou le malaise des peuples.
§ 152. î,a raison ou h faculté de penser prend divers noms suivant les formes qu'elle revêt, les objets auxquels elle s'applique et la manière dont elle s'exerce; on la distingue généralement en raisan spèculaîiife et en reinm monde. Le plus bas degré de la raison spéculative est Ves-
prit natarei «fui , loraqii'ii est droit et jiiale^ ooiiètîtue le bon uns; appliqué à la' perœfitîon dss rapports, ott le
nomme discernement , sagacilé, perspicacité , pénétration* Renforcé par la réilmoa, il devient méditation, spécula^ tien; et alors ses principtles qualités Mot k profondeur, rëtendue et la rigueur lo^gique. Soua le peint de vue mo* ral ou dans son application à la eonduite, la raison mx^ raie, dont le premier def:^é est le sentiment des cornenonces et ce qu'on appelle le tact, produit la prudence, la etrcou^ptfecîqfij la sagetâe humemm ou IVipt/ d$ c«n* duite.