‹ Philosophie mathématique et médicale de la vaccine [electronic resource]Chapitre 23 sur 43 · SEPTIÈME PROPOSITION · texte numérisé non relu

SEPTIÈME PROPOSITION

LES FIÈVRES CONTINUES GRAVES, DITES TYPHOÏDES (1), SONT ENVIRON SIX FOIS PLUS MEURTRIÈRES POUR LES MALADES VACCINÉS QUE POUR CEUX QUI NE LE SONT PAS.

Démonstration .

MM. Louis et Chomel ont prouvé, par des chiffres nombreux et incontestés, que le tiers des malades, atteints parla fièvre typhoïde, succombent à l'Hôtel-- Dieu de Paris ; mais ils n'ont pas distingué les sujets vaccinés de ceux qui ne l'étaient pas.

En 1854, M. le docteur Peniii a réparé cette omis-sion. Sur H 4 malades de cette catégorie, il a signalé 76 vaccinés et 38 non vaccinés ; de ces derniers, 3 sont morts dans les salles de l'Hôtel-Dieu. (Voyez Y Union médicale des 10, 12 et 15 août.)

D'après ces bases, on doit conclure que, sur les 114 malades, 38 ont succombé, — le tiers; ce qui, en définitive, conduit à la conclusion suivante :

Sur 76 malades vaccinés, on compte 35 morts (2)

Sur 38 malades non vaccinés 3 —

Donc, la chance de mourir, par suite de fièvre

(1) « La fièvre continue est simple ou grave. Simple, c'est Téphémère des anciens ; grave, c'est la fièvre typhoïde. ( Dubois d'Amiens,

mti.)

(2) Cette proportion de mortalité — /i6 pour 100 — n'a rien qui puisse étonner ceux qui ont lu la Clinique médicale de M. le pro-

typhoïde, est de ;| pour lesYacciiiés et de ^ pour ceux qui ne le sont pas.

En résumé, le danger est, pour les premiers,- plus grand que pour les seconds, dans le rapport de 35 à 6 ; — ce qu'il fallait démontrer.

Remarque.

Vers les derniers mois de 1813, l'armée française en retraite apporta dans le département de la Meurthe une épidémie de fiè-vres continues graves, qui est, encore aujourd'hui, citée pour ses nombreuses victimes. Cependant Thouvenel, qui en a écrit l'histoire en 1814, sur le heu même oiril l'avait vue sévir parmi la population civile, c'est-à-du^e dans la petite viUe de Pont-à-Mousson, résume ainsi la statistique médicale de cette terrible épidémie :

Malades.

Morts.

La proportion de mortihté est un peu plus forte que celle trouvée par M. Perrin pour les non vac-

fesseur Andral, deuxième édition. En effet, ce savant académicien dit avoir reconnu que, par les purgatifs, on perd 9 malades sur 10; par les toniques, 26 sur ZiO; par les saignées, 35 sur 7/i. Donc le résultat moi/en de ces trois méthodes donnerait 2 morts sui' 3 malades de fièvre typhoïde! Mais' les chiffres de M. Andral sont considérés comme empreints d'exagération.

cinés, ce qui s'explique par le caractère épidémique exceptionnel des années 1813 et 1814; mais combien cette épidémie historique est peu de chose, quand on la compare à celles de notre époque?

Corollaire des propositions précédentes.

MORTALITÉ COMPARÉE d'on CORPS DE 25,000 HOMMES DANS PARIS.

Maladies causes de mort. Vers 1816. En 1838 (1)

Petites véroles (2) 4 24

Fièvres continues 46 gjg

Maladies pulmonaires igg jgg

Causes de tout autre genre (3) . . 4i 41

Décès aux deux époques 250 "SOO

Le doublement de la mortalité militaire, de 1816 à 1838, est donc entièrement dû aux varioles, devenues plus fréquentes, et aux fièvres continues, devenues plus graves, dans la même proportion de 1 à 6, depuis queTarmée est vaccinée / ... Tel est le fait incontestable, dont il reste à trouver une explication théorique satisfaisante.

(1) Baron Michel. Statistique de l'hôpital du Gros-Caillou. 1842.

[1) Sur 10,885 décès enregistrés à Paris entre vingt et trente ans, de 1817 à 1 821, il y en eut 129 par petite vérole, soit 12 pour 1,000, dont 4 par 250 décès masculins. — En 1838, la petite vérole n'enleva que 357 personnes à Paris, dont 24 soldats, au Gros-Caillou. (Loc. cit.)

(3) Ces causes comprennent : 10 les maladies cutanées; 2° les maladies du cœur; 30 les blessures.

Page 1