‹ Philosophie mathématique et médicale de la vaccine [electronic resource]Chapitre 24 sur 43 · HUITIÈME PROPOSITION · texte numérisé non relu

HUITIÈME PROPOSITION

l'aggravj^tion des fièvres continues est la conséquen'ce directe des vaccinations.

Démonstration.

Sur 1 ,000 fiévreux reçus dans le service médical, fait au Val-de-Grâce, du l'^'" jan-vier 1816 au 31 dé- cembre 1819, par les docteurs Desgenettes et Broussais, se suppléant, il en est mort :

En 1816 et 1817 51

En 1818 et 1819 81

Ces faits se sont passés à deux ans d'intervalle moyen, en temps de paix, dans le même hôpital, sous la direction des mêmes médecins , sans épidémies extraordinaires qui puissent expliquer, tant bien que mal, cet accroissement de 60 pour 100 dans les décès !

Entre les soldats de ces deux époques, une seule différence se rencontrait, différence à laquelle nul ne faisait alors attention! C'est qu'en 1818 et 1819, la garnison de Paris contenait déjà beaucoup de vaccinés, engagés volontaires, même jeunes soldats, tandis qu'en 1816 et 1817, on en comptait à peine quelques-uns l

Ce n'est donc à aucune autre cause que peut être ttTÏhuéeVaggravationàesûèyYeSj débutant en 1818,

pour ne plus s'arrêter pendant vingt ans consécutifs; — ce qu'il fallait démontrer.

Corollaire théorique.

Si l'on subdivise maintenant les décès de fiévreux,. selon les semestres d'été (1^^ avril au 30 septembre) et ceux d'hiver (1" octobre au 31 mars), oui trouve (1) :

Décès de fiévreux. Été. Hiver.

En 1816 et 1817 21 30

En 1818 et 1819 50 31

Ce petit tableau montre, avec évidence, que l'aggravation n'a été que d'wn trentième en hiver, tandis? qu'elle a été véritablement prodigieuse en été, puisque les décès se sont élevés de 21 à 50!

Donc, l'aggravation des maladies fébriles a porté suri les fièvres que StoU nomme fièvres d'été ou fièvresbilieuses, putrides, gastriques, qui, dit-il, «ont plusd'affinité pour la petite vérole que toutes les autresr espèces de fièvres ! » [Médecine pratique, chap. xu.)

Il est donc rationnel de conclure que la variole, devenue six fois plus fréquente dans l'âge adulte, complique six fois plus souvent les fièvres particulières à cette époque de la vie, dans la saison favorable à son développement, et les rend, par suite, six fois plus meurtrières ! « La fièvre sporadique se

(1) Ddvivier. Médecine pratique.

convertit ordinairement, dit StoU, en la fièvre épidémique de la saison, ou s'y joint, comme par .exemple la petite vérole. » [Aph. 26.)

Toute notre théorie est dans ce peu de mots. Elle est incontestable, si le mérite des observations de StoU est lui-même incontestable ; ce que nous sommes porté à croire, puisque depuis 80 ans il n'a pas été contesté.

; Si quici novisti rectius istis,

Candiûus imperti; si non, liis utere mecum.

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