‹ Philosophie mathématique et médicale de la vaccine [electronic resource]Chapitre 28 sur 43 · DOUZIÈME PROPOSITION · texte numérisé non relu

DOUZIÈME PROPOSITION

PLUS UNE POPULATION EST VACCINÉE, PLUS, TOUTES CHOSES ÉGALES d'ailleurs, l'iNFLUENGE CHOLÉRIQUE Y PAIT DE VICTIMES.

Démonstration.

La proposition précédente nous ayant prouvé que la population pauvre de Paris est aussi la moins vaccinée, il suffit, pour résoudre la question présente, de comparer, tant à domicile que dans les hôpitaux civils, la mortahté des années cholériques. Il est, pour cela, un procédé très-simple et très-digne de confiance; c'est de mettre en parallèle, dans les pé-

riodes septennales dont l'année cholérique tient le milieu , celle-ci avec la moyenne des six autres , exemptes du fléau.

Voici ce calcul, appliqué aux deux périodes (1829- 35) et (1846-52).

DÉCÈS DES DEUX SEXES, MORTS-NÉS A PAnT.

A domicile.

Année cholérique 27,315 29,952

Moyenne des six autres 15,247 17,325

Différence en plus 12,168 12,627

Accroissement proportionnel. 80 p. 100. 73 p. 100. Aux hôpitaux civils.

Année cholérique 14,541 14,834

Moyenne des six autres 8,890 9,404

Différence en plus 5,651 5,430

Accroissement proportionnel. 64 p. 100. 58 p. 100.

Donc le choléra de 1849 a été, proportionnellement, moins meurtrier que celui de 1832, dans la ville de Paris; mais, dans l'un comme dans l'autre, la population la plus pauvre et la moins vaccinée est celle qui a le moins souffert de l'influence épidémique.

Or, la misère ne saurait être considérée, bien évidemment comme une cause d'immunité dans les épidémies ; donc on se trouve obhgé de dire , bon gré, mal gré, ce qu'il fallait démontrer (1).

(1) Dans son Traité de pathologie^ publié en 1837, M. Dubois

Corollaire,

Ainsi s'explique l'immunité relative dont a joui la population musulmane, en Turquie et en Crimée, de 1853 à 1856, tandis que les populations chrétiennes vaccinées succombaient aux étreintes du choléra. Ce fait anomal, attesté par toute l'armée d'Orient, en dernier Heu par M. . le docteur Baudens^; — ce fait incompréhensible jusqu'ici n'apparaît plus que comme une des conséquences de la maladie yarioleuse, retardée dans son développement par l'influence temporaire du vaccin. ^ .

RÉSUMÉ DBS DOTTZÊ PROPOSITIOHS

Depuis l'année 1813, la mortalité des adultes de 15 à 45 ans a augmenté de 50 pour 100 ; mais tous les âges compris entre ces deux limites n'ont pas été frappés également. L'âge de 15 à 30 ans a plus particuhèrement souffert ; toutefois avec cette différence que les femmes ont été plus cruellement éprouvées entre 15 et 25 ans, les hommes entre 20 .et 30 ans, et que la mortaUté des ans et des autres a doublé, dans la plus .beUe période de leur vie ; non

(d'Amiens) assimile le choléra aux fièvres continues graves, dites typhoïdes. Cette douzième proposition sera donc, •pour lui, un corollaire de la onzième. (E. A. A.)

que les maladies soient devenues plus fréquentes ; mais parce qu'elles sont devenues plus graves!

Depuis l'introduction de la vaccine en France, toutes les maladies, hors une seule, ont, dans leurs rapports avec les âges des sujets qu'elles attaquent, conservé leur marche antérieure, de tout temps signalée. Seule, la petite vérole a renversé la sienne et transporté ses ravages de l'enfance à la jeunesse !... (Cinquième proposition.)

Or, ce déplacement est précisément le caractère spécial de l'immense révolution providentielle, dont nous sommes les témoins, quand nous n'en sommes pas les victimes.

Donc, à défaut de tout autre document, de toute autre induction philosophique, ce seul fait corrélatif suffirait pour indiquer que la cause primitive du mal profond dont souffre la France, est dans la maladie varioleuse même, dont l'éclosion n'est que retardée par le vaccin, et qui, compliquant de nos jours beaucoup plus souvent qu'autrefois les maladies des adultes, les rend, par suite, plus graves et plus meurtrières.

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