‹ Philosophie mathématique et médicale de la vaccine [electronic resource]Chapitre 8 sur 43 · RÉPARTITION SOMMAIRE COMPARÉE DB 1,000 DÉCÈS · texte numérisé non relu

RÉPARTITION SOMMAIRE COMPARÉE DB 1,000 DÉCÈS

Pays comparés. 0 à 20 ans. 20 à 50 ans. après 50 ans.

Paris, 1767 (Buffon) 515 192 293

France, an X (JfonzYewr-) . . 511 187 302

La loi de mortalité, du moins dans la première moitié de la vie, est peu différente en France et à Paris, comme on le voit ; mais la loi de survivance y diffère beaucoup au contraire puisque, pour un nombre égal de naissances, le nombre des décès généraux est plus fort d'MW septième à Paris qu'en France.

créa immédiatement, au mois de décembre 1820, l'Académie royale de médecine.

Il lui donna pour mission spéciale, dans le préambule de son ordonnance, le perfectionnement de Vart' de guérir et la suppression des abus qui rentravent. Ce sont ses expressions.

Pour juger de quelle manière furent remplis les vœux du Roi, il suffît de suivre, par période décennale , la marche du rapport' entre la mortalité de la jeunesse et la mortalité totale. Or, on vient de le

dire :

En 1819, ce rapport était 10,61 pour 100

De 1820 à 1829, il s'élève à 10,88 — —

De 1830 à 1839, — à 12,10 — —

De 1840 à 1849, — à 13,4-0 — —

En 1838, — à 14,08 — —

En 1842, — à 14,20 — —

En 1849, — à 14,S3 — —

"En 1855, — à 14,83 — —

(Annuaires du bureau des longitudes, de 1822 à 1857).

Qu'a donc fait l'Académie? Que devait-eUe faire?

Elle ne pouvait ignorer les faits antérieurs à sa création. Elle ne les ignorait pas ; car, à cette époque, elle couvrait de sa haute approbation un ouvrage de M. le docteur Lachaise, intitulé Topographie médicale de Paris, où se trouve cette phrase remarquable, page 221 :.

« Si maintenant nous passons à l'examen des qua-

tre dernières années du troisième septénaire et des quatre premières du quatrième (18 à 25 ans ) , nous ne tarderons pas à trouver exagéré le degré de certitude qu'ont jusqu'ici supposé, pour la vie de l'homme une fois entré dans l'âge viril, tous ceux qui* se sont occupés des probabilités de la vie humaine. »

L'Académie ne devait-elle pas s'empresser de vérifier si la contradiction signalée par M. Lachaise, entre les relevés mortuaires de Paris au dix-huitième et au dix-neuvième siècle, provenait d'erreurs commises par Deparcieux, Dupré de Saint-Maur et Buffon, ou s'il fallait y reconnaître un accroissement réel de la mortalité juvénile? N'était-ce pas là, pour elle, un devoir?

Ouvrant alors les Annuaires du bureau des longitudes depuis 1816, elle eût reconnu sans peine que sur 6,298 décès féminins au-dessus de l'âge de 15 ans, enregistrés en 1813, 541 avaient eu heu entre 15 et 25 ans, soit sur mille, 86; qu'en 1814, cette proportion s'élevait à 91 ; et qu'augmentant rapidement d'année en année, elle atteignait, dès 1819, cinq ans après, le chiffre ,139, la mortahté de cet âge s'étant accrue, en définitive, de 10 pour 100 par an, dans ce court intervalle de temps !

Dans ce seul fait, n'y avait-il pas matière à de profondes méditations, à de nouvelles recherches et à

des doutes très-sérieux, pour des hommes qui eussent été moins enivrés de vaccin que MM. de l'Académie ? Que fit-elle au contraire ?

Jugeant qu'on avait jusqu'alors vacciné trop peu, elle imprima une nouvelle et vigoureuse impulsion à cette pratique et employa tous ses efforts, tous ceux de l'administration, à la propager jusqu'aux extrémités de la France , jusque dans les moindres chaumières. Le peuple de Paris avait senti refroidir son zèle en 1814, en voyant la petite vérole apparaître sur les vaccinés de 1800 et les emporter sans miséricorde. Ses instincts primitifs de répulsion avaient repris le dessus, en voyant les fièvres de mauvais caractère doubler,, en même temps que l'épidémie variolique sévissait avec une rigueur dont on avait perdu l'habitude ! Tous les moyens semblèrent hciies pour réchauffer l'ardeur qui s'éteignait : primes aux vaccinateurs, primes aux vaccinés, refus d'instruction, refus d'asile, refus d'aumône aux malheureux qui ne voulaient pas se laisser séduire par les protestations des adeptes et qui préféraient s'en remettre," pour la conservation de leurs enfants, au Dieu qui les avait fait naître !

Le zèle de l'Académie porta quelques fruits ; pius vint l'épidémie variohque de 1825, si funeste aux vaccinés de Paris. La population fut consternée, surtout la population ouvrière, et le nombre des enfants

soumis à la pratique jennérienne dépassa rarement, depuis lors, le tiers des naissances de la ville. Ces cinq ans de vaccination réchauffée (1821 à 1825) présentèrent, une vingtaine d'années après, un résultat remarquable qu'il est urgent de signaler.

De 1838 à 1842, le rapport de la mortalité juvénile à la mortalité totale fut de 13, 69 pour 100, ayant ainsi augmenté de trois dixièmes depuis la création de l'Académie !

Et cependant, lorsque furent signalés par M. Carnot ces chiffres et ces faits authentiques, l'Académie de médecine, protestant contre ce qu'elle avait ellemême reconnu vingt-huit ans auparavant, n'hésita pas à les nier, dans un rapport officiel au ministre sur les vaccinations de 1848 !

c( Gardons-nous de croire, est-il dit dans ce rapport, que sous le règne de la vaccine, le nœud de la vie soit plu s facile à dénouer dans la jeunesse qu'auparavant. »

L'Académie croit-elle donc son existence tellement attachée à la réputation de Jenner que tous les moyens lui semblent bons pour retarder de quelques années la chute infaillible de l'empirique anglais? Les défenseurs de la vaccine, niant des faits incontestables, ne ressemblent-ils pas à nos jeunes avocats* d'office, réduitsàpro lester, avec de grands éclats de voix, contre les preuves évidentes accumulées par les juges

d'instruction? Tout le verbiage de ces défenseurs officieux a-t-il sauvé jamais un seul de leurs tristes clients? Mon Dieu, non I sunt verba etvoces, prœtereaque nihil.

Quant à l'Académie, elle vient de nous donner, tout récemment encore, une preuve éclatante de son horreur — le mot n'est pas trop fort — de son horreur pour la vérité, dans la question de la vaccine. Cette preuve mérite une mention. Ce n'est pas notre faute, si elle n'est pas des plus honorables.

Les faits mis au jour par les adversaires de la vaccine ont provoqué, au sein du parlement britannique, une enquête à ce sujet. Le General board ofhealt a, en conséquence, adressé à toutes les Académies de l'Europe un questionnaire en quatre articles.

Voici ce questionnaire avec la réponse qui a été faite par l'Académie de médecine en 1857, ainsi que les très-courtes répHques pubhées par le Journal des connaissances médicales , du 20 juillet 1857. Le pubhc pourra ainsi apprécier le degré de véracité particulier à l'Académie, lorsqu'on touche à cette question brûlante.

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