‹ Philosophie mathématique et médicale de la vaccine [electronic resource]Chapitre 7 sur 43 · SIMPLE HISTOIRE · texte numérisé non relu

SIMPLE HISTOIRE

Souvent la peur d'un mal nous conduit dans un pire.

Lafontaine.

Dans les premiers mois de l'an 1803, au moment où le comité central signait le rapport définitif qui devait rendre la yaccine obligatoire, le Premier Consul, avec cette prescience qui est l'apanage du génie, voulut, en faisant entrer la France dans une voie nouvelle, laisser sur l'ancienne voie un monument qui pût indiquer aux générations à venir le degré de reconnaissance que méritait la découverte de Jenner.

Le comité central avait dit : « La multiplicité des observations supplée, en médecine, au temps qui doit nous instruire. » Mais cette maxime, entièrement neuve , ne pouvait satisfaire l'esprit logique du grand homme.

La France était en paix avec l'Europe. Des hommes distingués étaient placés au sommet des administrations départementales. Le Premier Consul ordonna le relevé généra] des décès de l'an x, avec la distinction des âges des décédés. Il fut ponctuellement obéi et le tableau qui renfermait ces documents authentiques fut inséré au Moniteur officiel de l'an xii. En 1813, Fodéré le reproduisit au premier volume de sa Médecine LÉGALE. C'est le premier document authentique connu sur la mortalité de la France. Avant cette époque, on ne possédait que les chiffres éparpillés et peu dignes de confiance pubhés par Moheau , Messance etDuvillard (1).

Le total des décès, morts-nés à part , montait à 875,490; les jeunes gens de 20 à 30 ans y figuguraient pour 44,280 ; soit 5,06 pour 100.

La mortalité de la jeunesse française n'avait donc pas encore augmenté en 1802 et les résultats donnés par Buffon, pour Paris, ne s'éloignaient que très-peu

(1) Ce sont ces chiffres très -'problémaliques que M. Bertillon emploie cependant pour la défense de la vaccine. Il va plus loin : il nie l'existence des chiffres authentiques publiés au Moniteur! Le Journal des connaissances médicales du 28 février 1857 renferme, à ce sujet, un article très-instructif, dans lequel, avec une excessive modération, il signale les erreurs volontaires ou involontaires des partisans de Jenner. Nous le recommandons spécialement à l'attention de nos lecteurs, regrettant de ne pouvoir le reproduire ici.

de ceux que présentait la France, sur l'ensemble de ses 108 départements.

On est instamment prié de ne pas perdre de vue cette importante conclusion (1).

Plus tard, de 1818 à 1822, les Annuaires successifs du bureau des longitudes, reproduisant les relevés mortuaires de Paris, signalèrent, à ne pouvoir s'y méprendre, le prodigieux et rapide accroissement du rapport entre les décès de 20 à 30 ans et la mortabté générale de cette ville. Au lieu d'être de 5,25 pour 100, comme au dix-huitième siècle, ce rapport s'était élevé :

à 7,33 pour 100 dans l'année 1816 à 8,80 — - — 1817 à 9,28 — — — 1818 à 10,61 — — — 1819 •

ayant dès lors p^us que doublé!

Il y avait là, certes, pour un Roi intelligent, un grave motif d'inquiétude. Louis XYIII s'alarma et

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